À Centre Culturel Franco-Guinéen, la relance du secteur audiovisuel guinéen se joue désormais aussi dans les salles de formation. Vendredi, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a effectué une visite d’immersion au sein du programme BMM Incubator, un dispositif régional destiné à accompagner l’émergence de producteurs africains à fort potentiel.
Soutenu par l’ambassade de France en Guinée à travers le Fonds Équipe France Cinéma, le programme s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration des industries culturelles en Afrique de l’Ouest. Pendant dix mois, de février à décembre 2026, six producteurs issus de Sénégal, de Guinée, de Mauritanie et du Cap-Vert bénéficient d’un accompagnement intensif mêlant formation en ligne, ateliers immersifs, mentorat individualisé et préparation aux marchés internationaux.
Pensé comme un levier de professionnalisation, le programme repose sur un écosystème d’acteurs locaux et internationaux. Le Centre Culturel Franco-Guinéen assure l’accueil logistique, tandis que le FODAC (Fonds de développement des arts et de la culture) encadre les participants à Conakry. Une articulation qui illustre la volonté de conjuguer expertise extérieure et ancrage local.
Une filière à reconstruire
Pour le ministre Moussa Moïse Sylla, cette initiative constitue « un levier stratégique majeur » dans un contexte où l’industrie audiovisuelle guinéenne peine encore à se structurer. Longtemps pionnière dans le cinéma africain, la Guinée cherche aujourd’hui à retrouver une place sur la scène régionale et internationale, en s’appuyant sur la formation et l’accompagnement de ses talents.
Sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, les autorités entendent repositionner durablement le pays dans l’économie créative. L’objectif est double : valoriser un héritage culturel riche tout en développant une filière capable de générer des emplois et d’attirer des investissements.
Miser sur les récits africains
Face aux participants, le ministre a insisté sur la nécessité de puiser dans les identités culturelles africaines pour concevoir des œuvres « innovantes et compétitives ». Une orientation qui s’inscrit dans une tendance plus large du cinéma africain, en quête de récits ancrés localement mais capables de circuler à l’international.
Le développement de mécanismes de coproduction et de coopération régionale a également été présenté comme un enjeu clé. Dans un secteur marqué par des contraintes de financement, la mutualisation des ressources apparaît comme une condition essentielle pour faire émerger des projets d’envergure.
Encadré par des professionnels reconnus, le programme réunit une cohorte représentative du dynamisme audiovisuel ouest-africain. Tous partagent une même ambition : porter des œuvres capables de franchir les frontières et de s’inscrire dans les grands circuits de diffusion.
Un pari sur l’économie créative
Au-delà de la formation, la démarche traduit une inflexion plus profonde de la politique culturelle guinéenne. Le cinéma est désormais envisagé comme un secteur stratégique, au croisement de la culture, de l’économie et de la diplomatie. En filigrane, l’ambition est de faire émerger une industrie capable de rivaliser à l’échelle régionale.
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