À six semaines du double scrutin législatif et communal, la Guinée entre dans une phase décisive, souvent moins visible que la campagne mais tout aussi stratégique : la validation des candidatures. À Conakry, l’administration électorale a levé le voile sur les premières listes retenues, offrant un aperçu des forces en présence.
Face à la presse, la directrice générale des élections, Djenabou Touré, a détaillé un processus minutieux, présenté comme un gage de transparence dans un contexte où chaque étape électorale est scrutée avec attention.
Plutôt que d’opérer une sélection dès le dépôt des dossiers, les autorités ont fait le choix d’un filtrage en deux temps : acceptation systématique des candidatures, puis vérification approfondie par une commission technique.
Une approche qui, selon Mme Touré, permet d’éviter les rejets précipités tout en garantissant une analyse homogène. « Chaque dossier a été examiné en détail », a-t-elle assuré, évoquant un travail mené « sans précipitation », avec l’appui d’équipes mobilisées pour limiter les erreurs.
Ce processus s’est appuyé sur des critères stricts : conformité des listes nationales (49 candidats), respect du quota de 30 % de femmes avec alternance, paiement des cautions, unicité des investitures et validité des pièces administratives.
Au fil des vérifications, un point particulier a retenu l’attention de la commission : la cohérence des informations fournies. Certaines candidatures ont été fragilisées non pas en raison de documents manquants, mais d’incohérences entre identité, lieu de naissance et zone de représentation.
Un cas typique concerne les candidats de la diaspora, dont les dossiers doivent refléter une implantation crédible dans les zones qu’ils prétendent représenter.
« La cohérence est essentielle. Un document peut être authentique, mais invalide s’il comporte des contradictions », a souligné Mme Touré, mettant en avant une lecture plus qualitative que strictement administrative des dossiers.
Sur les 28 partis ayant soumis des listes nationales, 21 ont été provisoirement retenus. Ce tri, sans être drastique, introduit néanmoins un premier filtre dans la compétition électorale.
Parmi les formations validées figurent notamment l’Union Démocratique de Guinée, le Rassemblement Guinéen du Travail ou encore le Union des Forces du Changement.
Dans leur ensemble, les listes retenues respectent les exigences de parité, certaines s’en approchant de manière significative, traduisant une adaptation progressive des partis aux contraintes légales.
Le scrutin du 31 mai repose sur un dispositif hybride : une représentation proportionnelle au niveau national et un scrutin majoritaire dans 50 circonscriptions, couvrant l’ensemble du territoire ainsi que les Guinéens de l’étranger.
Cette double logique vise à concilier représentativité politique et ancrage local, mais elle complexifie également le processus électoral et multiplie les enjeux de validation.
Malgré l’annonce de ces premières listes, le processus n’est pas encore clos. La Cour Suprême de Guinée doit encore se prononcer pour valider définitivement les candidatures.
