La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a salué les « progrès » réalisés lors des discussions tenues du 13 au 18 avril à Montreux, en Suisse, entre des représentants du gouvernement congolais et ceux de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23).
Ces pourparlers s’inscrivent dans le cadre du processus de Doha, conduit sous la facilitation du Qatar, avec l’appui des États-Unis et de l’Union africaine. Dans un communiqué publié dimanche, la mission onusienne, qui participait aux échanges en tant qu’observateur, s’est dite encouragée par les avancées enregistrées vers la signature d’un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire.
La MONUSCO appelle les parties à « maintenir leur engagement » afin de parvenir rapidement à un accord, estimant que celui-ci constitue une étape importante pour répondre à la crise humanitaire persistante dans l’est de la RDC, théâtre de conflits armés récurrents depuis plusieurs décennies.
Un conflit marqué par une nouvelle escalade
La situation sécuritaire s’est fortement dégradée en janvier 2025, lorsque le M23 a lancé une offensive d’ampleur dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon plusieurs sources, cette progression militaire s’est faite avec le soutien du Rwanda, permettant au groupe armé de prendre le contrôle de larges zones de ces régions stratégiques.
Depuis, les initiatives diplomatiques se sont multipliées afin de tenter de relancer un processus de désescalade et de restauration de la stabilité dans l’est du pays.
Accès humanitaire et mesures de confiance
Dans son communiqué, la MONUSCO se félicite également des engagements pris par les parties en faveur d’un accès humanitaire « rapide, sûr, durable et sans entrave », ainsi que de leur volonté affichée de préserver les infrastructures et les moyens de subsistance des populations civiles.
La mission onusienne encourage par ailleurs la poursuite des mesures de confiance, notamment la libération et l’échange de détenus, avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle salue également la signature d’un mémorandum d’entente entre les parties et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ouvrant la voie à l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (MCVE+).
Un mécanisme de cessez-le-feu sous conditions
Au cœur des préoccupations figure la mise en place d’un mécanisme crédible de suivi du cessez-le-feu. La MONUSCO insiste sur la nécessité d’un dispositif « transparent et opérationnel » capable de contribuer à la réduction des violences et à la protection des civils.
Elle se dit prête à appuyer, sur le plan logistique et technique, les premières missions de vérification, conformément à son mandat.
L’ONU souligne toutefois que l’efficacité d’un tel mécanisme dépend de plusieurs conditions, parmi lesquelles la cessation de l’usage de drones offensifs, la fin des brouillages de signaux GPS, la liberté de mouvement des personnels onusiens, ainsi que la sécurisation des aéroports et de l’espace aérien dans les zones concernées.
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