Il a attendu la nuit du 14 avril pour prendre la parole. Romuald Wadagni, 51 ans, ancien ministre de l’Économie et des Finances sous la présidence de Patrice Talon, a sur son compte X revendiqué sa victoire à l’élection présidentielle béninoise après la proclamation, par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), des grandes tendances du scrutin du 12 avril 2026. Une victoire qu’il dit accueillir « avec humilité », mais dont il n’a pas dissimulé l’ampleur politique.
Un scrutin salué pour son organisation
Avant même d’évoquer sa victoire, Wadagni a tenu à rendre un hommage appuyé aux institutions électorales. Le vote s’est déroulé « dans la ferveur, la convivialité et la discipline », a-t-il affirmé, saluant le professionnalisme des instances en charge de l’organisation du scrutin, qui a mobilisé les électeurs sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans plusieurs représentations diplomatiques à l’étranger. Un message adressé autant aux observateurs internationaux qu’à l’opinion publique béninoise, dans un contexte régional marqué par des crises de légitimité électorale à répétition.
Son adversaire principal, Paul Hounkpè, candidat de l’opposition, lui avait déjà adressé ses félicitations dans la journée du 12 avril un geste que Wadagni a ostensiblement mis en avant, saluant son « sens républicain ». Cette passation pacifique du flambeau politique tranche avec les tensions qui ont émaillé d’autres scrutins dans la sous-région.
« Une large victoire » au service d’un projet d’unité
Les tendances annoncées par la CENA, dont les détails chiffrés n’ont pas encore été communiqués officiellement, traduisent selon lui « une large victoire ». Wadagni s’est toutefois gardé de tout triomphalisme, choisissant de réencadrer immédiatement ce résultat dans une lecture collective : celle d’« un besoin d’unité nationale face aux défis qui sont les nôtres ».
Ce discours de rassemblement constitue le fil directeur de sa campagne depuis le début. Dans un monde qu’il décrit comme « actuellement instable » allusion transparente aux tensions sécuritaires au Sahel, aux incertitudes économiques mondiales et aux pressions internes le nouveau président pressenti a fait de la cohésion nationale son principal argument. Les résultats, dit-il, en sont « le reflet ».
Il a par ailleurs rendu hommage à la coalition qui l’a porté : Béninoises et Béninois « de toutes les contrées », diaspora, partis politiques, mouvements de soutien, personnalités civiles et syndicats. Une manière de construire, dès le soir de la victoire, la légitimité populaire large dont il entend s’appuyer.
La promesse de continuité et d’ambition
Sur le fond programmatique, Romuald Wadagni a été sans ambiguïté : son mandat s’inscrira dans la continuité de l’action de Patrice Talon, dont il fut l’un des plus proches lieutenants économiques pendant neuf ans. « À la suite des bases solides posées par l’action du Président Patrice Talon, nous irons encore plus loin dans la construction du Bénin », a-t-il déclaré, promettant de faire du pays « une nation moderne qui garantit le bien-être à ses enfants, quelles que soient leurs conditions et où qu’ils vivent ».
Cette formule large, inclusive, volontairement ouverte dessine en creux les chantiers attendus : réduction des inégalités, développement des territoires ruraux, insertion des Béninois de l’étranger dans le projet national. Autant de promesses qui devront se traduire en politiques publiques dès sa prise de fonctions, attendue « dans quelques semaines ».
Un profil atypique à la tête de l’État
Économiste de formation, ancien directeur général des impôts, Romuald Wadagni est une figure peu habituelle dans le paysage politique béninois, davantage associée aux cercles technocratiques qu’aux arènes partisanes. Son accession à la magistrature suprême, si elle est confirmée par les résultats définitifs, marquerait une forme de continuité managériale du système Talon, tout en ouvrant une nouvelle page de l’histoire politique du pays.
Les résultats définitifs de l’élection présidentielle béninoise restent attendus des instances compétentes, avant toute investiture officielle.
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