Au Soudan du Sud, confronté à une forte vulnérabilité climatique, à de faibles rendements agricoles et à l’insécurité alimentaire, 98 conseillers agricoles, dont 68 hommes et 30 femmes, ont été formés comme formateurs en « agriculture intelligente face au climat et orientée vers le marché », dans le cadre d’un projet mandaté par l’Allemagne et destiné à améliorer durablement les moyens de subsistance de 27 500 ménages de petits exploitants agricoles dans quatre États du pays.
Baptisé Développement rural piloté par les communautés (CDRD), ce projet, cofinancé par l’Union européenne, l’Allemagne et les Pays-Bas, est mis en œuvre par l’agence allemande de coopération internationale (GIZ) et l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) dans les États de Western Equatoria, Central Equatoria, Eastern Equatoria et Western Bahr el Ghazal.
Selon la GIZ, la formation a notamment porté sur les pratiques agronomiques horticoles climato-intelligentes, le renforcement de l’accès aux marchés, ainsi que sur l’égalité de genre et l’inclusion sociale (GESI), une approche visant à garantir un accès équitable aux ressources, à la prise de décision et aux opportunités, en particulier pour les femmes, les jeunes et les groupes marginalisés.
L’agriculture et l’élevage, principaux moyens de subsistance
L’agriculture intelligente face au climat vise à accroître durablement la productivité et les revenus, à renforcer l’adaptation au changement climatique et à réduire, dans la mesure du possible, les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture, d’après la FAO.
Le projet CDRD, qui couvre la période du 1er avril 2022 au 31 mars 2029, est mandaté par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Il vise à renforcer la résilience de l’agriculture face au changement climatique, à améliorer la sécurité nutritionnelle et les revenus, ainsi qu’à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles, avec une attention particulière portée aux femmes, aux jeunes et aux personnes déplacées internes.
Le projet s’articule autour de trois axes principaux : le développement communautaire participatif, à travers le dialogue entre autorités locales, société civile et secteur privé ; l’amélioration de l’agriculture et de l’accès aux marchés, via le développement de chaînes de valeur locales adaptées au climat ; et la conservation des ressources naturelles, notamment grâce à des formations à la gestion des risques de catastrophes et à des mesures de protection économique de l’environnement.
Le CDRD intervient dans un contexte où environ deux tiers de la population sud-soudanaise sont touchés par l’insécurité alimentaire et où la majorité dépend de l’agriculture et de l’élevage pour vivre. Les conflits, les effets du changement climatique, les mouvements de réfugiés et le manque de formation à une production agricole adaptée au climat fragilisent les moyens de subsistance et la cohésion sociale au Soudan du Sud.
dpa
