Le Niger a mis en place, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le soutien financier de l’Union européenne (UE), une nouvelle Plateforme nationale chargée de l’accueil, de l’orientation, de la réintégration et du suivi des migrants nigériens de retour. Composée de plus de vingt institutions nationales, de partenaires techniques et financiers, ainsi que d’organisations de la société civile, la plateforme est pilotée par le ministère nigérien de l’Intérieur, chargé des questions migratoires, a indiqué l’OIM.
Elle ambitionne notamment de renforcer la cohérence des interventions, d’améliorer le suivi des situations de vulnérabilité, de soutenir les communautés affectées par les retours et d’optimiser les efforts en faveur d’une réintégration durable, a-t-on ajouté. Elle assume également le rôle de comité de pilotage national du Programme de protection, de retour et de réintégration des migrants en Afrique subsaharienne (MPRR-SSA), financé par l’UE et mis en œuvre par l’OIM.
Augmentation du nombre de candidats au retour volontaire
« Au vu du nombre important de candidats au retour volontaire et dans le but de mieux gérer ces retours », la plateforme a été mise en place « pour une meilleure prise en charge de ce mouvement », a déclaré un responsable du ministère de l’Intérieur, cité par l’OIM. Situé au carrefour du Sahel et du Sahara, le Niger est à la fois une zone de départ, de transit, d’accueil et de retour pour les migrants originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale, cherchant à rejoindre l’Afrique du Nord puis l’Europe.
Selon les données de l’OIM, plus de 4 millions de voyageurs ont été observés aux dix points de suivi des flux migratoires au Niger en 2025. Au 31 janvier 2026, le pays accueillait également près de 436 000 réfugiés et demandeurs d’asile. Lancé en août 2022 et doté d’un budget total de près de 334 millions d’euros, dont 330 millions apportés par l’UE, le programme MPRR-SSA est mis en œuvre dans 16 pays d’Afrique subsaharienne : Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sierra Leone, Sénégal, Somalie, Soudan et Tchad.
Réintégration des migrants dans leur pays d’origine
Il soutient la réintégration des migrants une fois de retour dans leur pays d’origine, notamment par l’acquisition de compétences, l’accès à l’emploi et aux services de développement d’entreprise, ainsi que par l’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux services de soutien psychosocial, aux documents d’identité et aux dispositifs de protection sociale.
Au Niger, depuis août 2022, le programme a permis d’assister plus de 53 000 migrants en situation de vulnérabilité en transit, plus de 45 000 migrants dans le cadre du retour volontaire, ainsi que plus de 3 800 migrants nigériens de retour, dont 3 240 ont déjà finalisé leur réintégration socioéconomique. En 2025, le nombre de migrants assistés au Niger a atteint 20 194 personnes, contre 13 756 en 2024, soit une hausse de 47 pour cent, une évolution qui souligne la nécessité d’un mécanisme national renforcé de coordination, de suivi et d’orientation, selon l’OIM.
dpa
