Un an après la proclamation de la « Révolution progressiste populaire », le président burkinabè Ibrahim Traoré a défendu, lors d’un entretien télévisé, le bilan sécuritaire de son régime, affirmant que « l’initiative est désormais du côté des forces burkinabè ».
Face à une insurrection jihadiste persistante depuis près d’une décennie, le chef de l’État met en avant une transformation doctrinale de l’armée. « Nous avons quitté le schéma où l’on nous dictait nos tactiques », affirme-t-il, revendiquant une stratégie désormais « endogène », conçue et mise en œuvre par des Burkinabè.
Selon lui, plusieurs localités stratégiques, notamment dans le nord et l’est du pays, ont été reconquises ces derniers mois. Il évoque notamment des avancées autour de Djibo ou vers la frontière béninoise, présentées comme des zones autrefois sous contrôle insurgé.
Mais ce discours volontariste contraste avec la persistance d’attaques meurtrières contre les civils. Le président les attribue à une « stratégie de désolation » d’un ennemi « en perte de vitesse », visant à frapper l’opinion.
Les attaques contre les civils se poursuivent, parfois de manière spectaculaire. Le président y voit la manifestation d’un ennemi affaibli, qui chercherait à compenser ses pertes territoriales par des actions de terreur ciblées.
Si les autorités affirment que le nombre de déplacés internes diminue, signe d’un retour progressif à la normale dans certaines zones, la situation humanitaire reste fragile. Entre reconquête territoriale et insécurité persistante, le Burkina Faso semble engagé dans une phase charnière, où les succès militaires revendiqués doivent encore se traduire par une stabilisation durable.
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