À Moribaya, localité côtière située à une soixantaine de kilomètres de Conakry, les autorités guinéennes ont inauguré une nouvelle infrastructure industrielle appelée à jouer un rôle clé dans le secteur de la santé. L’usine pharmaceutique MEDNEX Africa, bâtie sur une superficie de 6 000 m² pour un investissement estimé à 4 millions de dollars, ambitionne de repositionner la Guinée dans la production de médicaments génériques.
Fruit d’un partenariat entre investisseurs guinéens, indiens et libanais, le complexe entend répondre à une double exigence : réduire la dépendance aux importations et améliorer l’accessibilité des médicaments pour les populations locales. Dans un pays où l’approvisionnement pharmaceutique reste largement tributaire de l’extérieur, cette initiative marque une tentative de rééquilibrage stratégique.
Présente lors de la cérémonie, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a souligné l’impact direct attendu sur les conditions de vie des citoyens. « Le développement de la production locale constitue un levier essentiel pour garantir des médicaments de qualité, disponibles et à moindre coût », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de bâtir une chaîne d’approvisionnement plus résiliente.
Au-delà de la dimension sanitaire, le projet s’inscrit dans une stratégie industrielle plus large. La ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a mis en avant la volonté des autorités de renforcer le tissu productif national. Selon elle, l’usine MEDNEX Africa illustre l’ambition de faire de la Guinée un pôle industriel capable non seulement de satisfaire la demande intérieure, mais aussi de se positionner sur les marchés de la sous-région ouest-africaine.
Un symbole de souveraineté économique
Le Premier ministre guinéen, également présent, a qualifié cette réalisation de « symbole fort de souveraineté ». « La souveraineté commence par être capable de se nourrir, ensuite de se soigner », a-t-il affirmé, établissant un lien direct entre autonomie sanitaire et indépendance économique. Il a salué, dans le même temps, l’engagement des investisseurs privés, perçus comme des partenaires essentiels dans la diversification de l’économie nationale.
Cette inauguration intervient dans un contexte où les autorités multiplient les initiatives visant à consolider les capacités du système de santé. Le chef du gouvernement a ainsi évoqué les progrès enregistrés ces dernières années, notamment en matière d’infrastructures hospitalières et de réduction du taux de mortalité, tout en soulignant que l’industrialisation du secteur pharmaceutique demeure un maillon encore fragile.
Une ambition régionale sous contrainte
Si les perspectives affichées sont ambitieuses couvrir une part significative des besoins nationaux et exporter vers les pays voisins, plusieurs défis restent à relever. La compétitivité des produits, la régulation du marché, ainsi que la capacité à maintenir des standards de qualité conformes aux normes internationales seront déterminantes pour la viabilité du projet.
L’initiative s’inscrit néanmoins dans la vision portée par les autorités guinéennes à travers le programme Simandou 2040, qui vise à transformer structurellement l’économie en développant des chaînes de valeur locales et en réduisant la dépendance aux importations.
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