Au lendemain de l’annonce de son décès, la dépouille du commandant Aboubacar Diakité, dit « Toumba », a été remise à sa famille jeudi 26 mars à Conakry. Une étape sobre, encadrée par les autorités, qui ouvre désormais la séquence des obsèques d’une figure aussi centrale que controversée de l’histoire récente de Guinée.
Selon des informations recueillies auprès de proches, la levée du corps est prévue vendredi matin à l’hôpital Ignace-Deen, principal centre hospitalier de la capitale. Le cortège funéraire doit ensuite prendre la direction de Mandiana, à plusieurs centaines de kilomètres à l’est, où l’ancien officier sera inhumé sur ses terres natales.
Ce déplacement, entre la capitale et l’intérieur du pays, s’annonce comme un moment à la fois intime et hautement symbolique. Car « Toumba » n’était pas un détenu ordinaire. Ancien aide de camp du chef de la junte du CNDD, il incarnait, pour beaucoup de Guinéens, une page sombre et encore sensible, liée au Massacre du 28 septembre 2009, pour lequel il avait été condamné à dix ans de prison.
Sa mort, survenue dans la nuit du 24 au 25 mars à l’hôpital militaire du camp Samory Touré, fait suite à une dégradation de son état de santé en détention. Le diagnostic médical évoque une complication abdominale sévère une hernie étranglée ayant évolué vers une péritonite aiguë. Les autorités pénitentiaires affirment que son état s’était aggravé ces dernières semaines, notamment après son transfert à la maison d’arrêt de Coyah en février.
Dans l’immédiat, l’heure est au recueillement. Le père du défunt, ancien colonel à la retraite, a appelé publiquement au calme et à la prière, contribuant à apaiser les premières réactions suscitées par l’annonce de la disparition.
Entre hommage familial et vigilance des autorités, le dernier voyage de « Toumba » vers Mandiana s’inscrit ainsi dans une tension feutrée, où se mêlent deuil, histoire et enjeux institutionnels.
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