Face à une crise de liquidité qui affecte l’ensemble de l’économie guinéenne depuis plusieurs mois, le secteur privé, la Banque centrale et la présidence de la République se sont réunis ce dimanche pour évaluer la situation et envisager des solutions concrètes.
La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) assure que l’injection de billets dans le circuit bancaire est massive et sans précédent. Selon Dr Karamo Kaba, gouverneur de la BCRG, “jamais dans l’histoire moderne du pays autant d’argent n’a été mis à disposition en si peu de temps. Sur 100 billets injectés, seuls six reviennent dans le système. L’effort d’injection se poursuit, mais il est crucial de restaurer la confiance des Guinéens pour que les fonds reviennent dans les banques.”
Cette crise met en lumière un double enjeu : la disponibilité immédiate de liquidités et la transformation structurelle du système bancaire. Pour Dr Kaba, la bancarisation et la digitalisation ne sont plus optionnelles : “Nous sommes une économie en émergence. Sans un secteur bancaire solide, la croissance et la modernisation économique restent compromises.”
Du côté du secteur privé, les acteurs économiques – industriels et commerçants – appellent à la coopération et à la responsabilité collective. Elhadj Mamadou Baldé, président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat de Guinée (CCIAG), souligne l’importance de moderniser les moyens de paiement et d’accélérer l’adoption des solutions digitales pour sécuriser les transactions : “Nous travaillons à sensibiliser l’ensemble de la population sur la nécessité de déposer leurs fonds dans les banques et à accompagner la Banque centrale et l’État dans la mise en œuvre des mesures de sortie de crise.”
La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariame Maciré Sylla, a rappelé que malgré les tensions sur la liquidité, l’économie guinéenne reste robuste, avec une croissance attendue de 10 % du PIB pour 2026 et un contrôle effectif de l’inflation et du déficit budgétaire.
Cette rencontre traduit une approche pragmatique et concertée : en conjuguant injections de liquidités, digitalisation des paiements et engagement du secteur privé, la Guinée ambitionne de stabiliser son système monétaire tout en préparant les conditions d’une croissance durable. La balle est désormais dans le camp des acteurs économiques et des citoyens pour rétablir la circulation de l’argent dans l’économie réelle.
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