Dans un contexte de redéfinition des chaînes de valeur africaines et de recherche de solutions logistiques endogènes, la Guinée a lancé ce mercredi la première édition des Journées des chargeurs guinéens. Organisée dans un complexe hôtelier de la capitale, cette rencontre de haut niveau, prévue sur deux jours (23 et 24 avril), se donne pour mission de repenser les leviers du développement économique par la coopération Sud-Sud et la modernisation des systèmes de transport et de douane.
Placé sous le thème « Les conseils des chargeurs, véritables leviers du développement économique des États africains », le forum réunit les 19 pays membres de l’Union des conseils des chargeurs africains, avec en invités d’honneur le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad. Autant de pays enclavés, qui voient en la Guinée un maillon logistique stratégique pour l’accès à la mer et la fluidité du commerce sous-régional.
Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général du Conseil guinéen des chargeurs, M. Lancinet Kéïta, a défini les contours de cette première édition :
« Il ne s’agira pas simplement d’un échange d’expériences, mais bien d’une plateforme d’orientation. L’objectif est de proposer des pistes concrètes en faveur de l’intégration économique régionale, dans un environnement où la logistique est au cœur de la compétitivité. »
De son côté, Mme Fatoumata Bangoura, cheffe de cabinet du ministère des Transports, a insisté sur la vision stratégique du gouvernement guinéen :
« Positionner la Guinée comme un centre névralgique des échanges en Afrique de l’Ouest passe par des infrastructures robustes, une logistique agile et une gouvernance tournée vers l’avenir. »
L’événement a été marqué par l’intervention du Premier ministre, Amadou Oury Bah, qui a élargi la portée du forum en évoquant les enjeux structurels de la transformation économique du pays.
« La modernisation de la Guinée ne peut se limiter à des ajustements techniques. Elle exige une rupture profonde avec l’économie de rente. Nous devons bâtir une économie diversifiée, qui repose sur des fondations solides, au service de l’intégration africaine. »
Le chef du gouvernement a également souligné la responsabilité géostratégique de la Guinée vis-à-vis de ses voisins enclavés, affirmant la disponibilité du pays à jouer un rôle de pont logistique régional :
« La Guinée mettra ses ports, ses corridors et ses infrastructures au service de l’évacuation des marchandises des pays frères. Malgré les turbulences de l’Histoire, notre vocation est de faciliter la circulation des biens et des personnes. »
Au cœur des échanges : les politiques de facilitation du commerce, la digitalisation des procédures douanières, l’anticipation des besoins logistiques et la conclusion de partenariats publics-privés stratégiques. Cette initiative s’inscrit aussi dans une dynamique continentale plus large, celle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), où la maîtrise des chaînes logistiques devient une condition sine qua non de la réussite.
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