Poursuivi pour diffamation et offense au chef de l’État , le jeune opposant et Président du Model, déjà condamné à deux ans de prison ferme en première instance, risque désormais cinq ans de détention si la Cour d’appel suit les réquisitions du ministère public.
Le procureur général Fallou Doumbouya n’a pas mâché ses mots ce mardi. Dans un réquisitoire à charge, il a valeur que la première condamnation était « en deçà du minimum légal », et que la peine de deux ans ne reflétait ni « la gravité des faits » ni « l’esprit de la loi ». En invoquant le principe du concours d’infractions prévu par le code pénal, le magistrat a exhorté la Cour à appliquer la peine la plus sévère.
« La peine prononcée est dérisoire. Ce procès est l’occasion pour le ministère public de rétablir l’équilibre entre les faits reprochés et la sanction encouragée », a-t-il insisté.
Mais au-delà de la dimension juridique, c’est tout un climat d’inquiétude autour des libertés publiques qui s’installent. L’audience s’est tenue dans un climat particulièrement tendu , sous une surveillance sécuritaire renforcée. Des diplomates étrangers, pourtant venus en observateurs, ont été empêchés d’accéder à la salle d’audience , tandis que les journalistes n’ont été autorisés qu’à condition de laisser tout matériel de travail à l’extérieur .
Ces restrictions inhabituelles alimentent les craintes d’un procès à huis clos , orchestré pour éviter les regards indiscrets sur une affaire qui dérange. Car derrière la façade juridique, beaucoup y voient une volonté manifestée de museler une voix critique du pouvoir en place , le général Mamadi Doumbouya étant directement visé par les accusations d’offense.
L’ouverture de l’audience a, elle aussi, connue un retard inexpliqué, laissant des dizaines de personnes massées devant la Cour d’appel dans l’incertitude. Militants, sympathisants et citoyens curieux attendaient de voir ce que la justice allait réserver à celui que beaucoup présentent comme l’un des visages émergents de l’opposition guinéenne .
Aliou Bah, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, a fait appel de la première décision, dénonçant un procès politique.
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