Le renforcement des capacités locales constitue un levier efficace, mais insuffisant à lui seul pour améliorer durablement la sécurité alimentaire dans les pays en développement, selon une étude axée sur l’Afrique subsaharienne publiée par l’Institut allemand d’évaluation de la coopération au développement (DEval).
Cette étude repose sur une synthèse de plus de 50 évaluations scientifiques internationales d’impact portant sur des programmes de coopération au développement axés sur la formation, le transfert de connaissances et le renforcement institutionnel. DEval indique que ces interventions produisent des effets positifs mesurables sur plusieurs dimensions de la sécurité alimentaire.
Accroître l’autonomie des acteurs nationaux
Selon l’étude, les programmes de renforcement des capacités améliorent notamment la disponibilité des denrées, l’accès à l’alimentation et la stabilité des systèmes agricoles, en soutenant les compétences des agriculteurs, des administrations publiques et des organisations locales. Ils visent à accroître l’autonomie des acteurs nationaux face aux chocs climatiques, économiques et sécuritaires.
Toutefois, DEval souligne qu’aucun type d’intervention pris isolément ne permet de répondre à l’ensemble des défis alimentaires. Les effets les plus durables sont observés lorsque les actions de formation et de conseil sont combinées à des mesures matérielles, comme l’accès à la terre, au financement, aux intrants agricoles ou à des dispositifs de sécurité sociale. Les groupes vulnérables, comme les femmes, les enfants ou les populations autochtones, ne bénéficient pleinement de ces programmes que si les contraintes structurelles sont levées. En l’absence de ressources complémentaires, les gains issus du renforcement des capacités tendent à rester limités ou inégalement répartis.
Évaluer les mesures de la coopération allemande
L’évaluation intervient dans un contexte de hausse persistance de l’insécurité alimentaire mondiale, notamment en Afrique subsaharienne. Alors qu’en 2015, 45 pour cent de la population africaine était touchée par une insécurité alimentaire modérée ou grave, cette proportion est passée à 59 pour cent en 2024.
DEval est mandaté par le ministère allemand du Développement pour évaluer les mesures de la coopération allemande de manière indépendante et transparente. Le ministère consacre environ 20 pour cent de ses fonds à la sécurité alimentaire, à l’agriculture et au développement rural, et mettra à l’avenir un accent encore plus marqué sur l’Afrique subsaharienne.
dpa
