La République de Guinée poursuit sa stratégie de transformation avec un projet à forte portée symbolique : la construction d’un « Cinéma Center » à Conakry. La convention officielle, signée mardi par les autorités, marque le lancement d’un chantier ambitieux sur le site de l’ancien cinéma Liberté, au rond-point du 8 Novembre, longtemps considéré comme l’un des repères culturels de la capitale.
Derrière cette initiative, l’État guinéen affiche une double ambition : réhabiliter un espace urbain en perte de vitesse et structurer une industrie culturelle encore embryonnaire. Le projet, piloté par le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, s’inscrit dans la dynamique du Programme Simandou 2040, feuille de route du développement national portée par le président Mamadi Doumbouya.
Pensé comme un hub multifonctionnel, le futur complexe devrait associer infrastructures culturelles, espaces commerciaux et résidences. Deux tours de 17 étages, des salles de cinéma modernes, des studios de production et des musées sont annoncés. L’ensemble vise à créer un écosystème capable de soutenir la création locale tout en attirant des investissements et des productions internationales.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse le seul cadre culturel. Il s’agit aussi de générer des emplois, de favoriser l’émergence de compétences nationales et de renforcer l’attractivité économique de la capitale. « Ce projet marque une étape décisive », a estimé le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, évoquant « le passage d’une vision à une réalisation concrète ».
La réalisation du chantier a été confiée à un partenaire technique étranger, représenté par Cao Pei, qui a assuré de la disponibilité des financements et du respect des standards internationaux. Comme dans d’autres projets d’infrastructures en Afrique de l’Ouest, cette coopération illustre le rôle croissant des entreprises chinoises dans les grands chantiers publics.
Mais au-delà des annonces, plusieurs interrogations subsistent. La réussite du projet dépendra de sa capacité à s’ancrer dans les usages locaux, à soutenir durablement la production audiovisuelle guinéenne et à répondre aux attentes d’un public encore peu exposé à ce type d’infrastructures.
Dans une ville en pleine mutation, où les besoins en équipements restent importants, le Cinéma Center pourrait néanmoins constituer un signal fort. À condition, toutefois, que l’ambition affichée se traduise, sur le terrain, par un véritable moteur de développement culturel et économique.
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