Un tricycle électrique conçu, assemblé et bientôt produit en série en Afrique : c’est le pari porté par Rui Mendes Da Silva, un jeune entrepreneur franco-bissau-guinéen, à travers sa jeune entreprise Kemet Automotive. Avec son associé, Nissi Ogulu, le trentenaire ambitionne de positionner sa marque sur le segment des véhicules électriques « Made in Africa », avec l’objectif de bâtir une industrie locale de la mobilité durable.
Premier modèle développé par l’entreprise, le GEZO est un tricycle électrique et connecté conçu pour répondre aux réalités de la mobilité urbaine africaine. Fabriqué au sein de l’usine de Cotonou, au Bénin, il affiche une autonomie de 120 km en conditions réelles, grâce à une batterie optimisée garantissant une utilisation fiable au quotidien.
Son châssis modulaire renforcé lui permet de supporter des charges lourdes tout en restant adapté aux conditions routières locales, tandis que la compatibilité avec l’échange de batteries et la recharge rapide vise à réduire les temps d’immobilisation, notamment pour les flottes professionnelles.
Remplacer les tuk-tuks vieillissants
Au-delà de la performance technique, l’entreprise entend répondre à un enjeu environnemental et économique majeur : remplacer les tuk-tuks vieillissants et polluants importés par des solutions locales, innovantes et respectueuses de l’environnement, tout en créant une chaîne de valeur industrielle génératrice d’emplois sur le continent.
Après avoir créé plusieurs entreprises dans les secteurs de la mobilité et des services en France et aux États-Unis, Rui Mendes explique avoir choisi de concentrer son expérience sur l’Afrique, où les défis du transport durable sont particulièrement pressants.
« J’ai voulu mettre mon expérience au profit de la création d’un champion industriel de la mobilité. Mon ambition est de faire de Kemet Automotive le porte-drapeau de l’innovation africaine et de démontrer que nous sommes capables de bâtir des industries de pointe », déclare l’entrepreneur dans un entretien accordé à la dpa. Implantée à Cotonou, l’entreprise indique avoir déjà convaincu des investisseurs, structuré une équipe et finalisé les phases de conception et de prototypage. L’usine béninoise doit entrer prochainement en production afin de lancer les premières séries du GEZO.
À moyen terme, Kemet Automotive vise un passage à l’échelle avec une capacité annuelle de 10 000 véhicules assemblés à partir de kits de pièces, soutenue par le déploiement d’un réseau étendu de bornes de recharge solaires. « L’objectif affiché est également de porter à 70 pour cent la part de composants fabriqués en Afrique, à partir de matières premières locales, afin d’ancrer durablement la filière industrielle sur le continent », souligne Rui Mendes.
dpa
