À Conakry, le ton se veut désormais plus mesuré du côté de l’état-major guinéen. Dans un communiqué rendu public mardi 17 mars, le chef d’état-major général des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, a annoncé un allègement progressif du dispositif militaire déployé le long des frontières du pays. Une décision qui s’inscrit dans le sillage des engagements pris lors du récent sommet de l’Union du fleuve Mano.
Réunis la veille dans la capitale guinéenne, les chefs d’État des pays membres la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone ont convenu de privilégier la voie diplomatique pour résoudre leurs différends frontaliers. Cette orientation marque un infléchissement notable dans une région régulièrement secouée par des tensions liées à des questions de délimitation territoriale et de circulation transfrontalière.
Dans son communiqué, l’état-major souligne que cette désescalade militaire répond directement à la volonté politique exprimée au sommet. « Il est convenu […] de mettre fin aux différends frontaliers […] par la voie diplomatique », indique le texte, qui insiste également sur la nécessité de renforcer la coopération interétatique afin de « garantir un climat de sécurité et de confiance » entre des populations « liées par l’histoire, la géographie et la culture ».
Ce repositionnement stratégique s’accompagne d’un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité guinéennes. Le général Bangoura salue leur « proactivité » et leur « maîtrise de soi » dans un contexte de tensions, tout en remerciant la population pour son « patriotisme » et le calme observé ces derniers jours.
Pour autant, l’armée guinéenne ne renonce pas à son rôle de garant de l’intégrité territoriale. Le communiqué réaffirme un engagement « ferme » à défendre « chaque portion du territoire national », symbole de la souveraineté du pays. Une manière de rappeler que la désescalade en cours reste encadrée et conditionnée au respect des accords par l’ensemble des parties.
Sur le terrain, l’allègement du dispositif militaire devrait se faire de manière progressive, à compter de ce mardi. Aucun détail n’a été fourni sur l’ampleur exacte du redéploiement ni sur les zones concernées, mais cette annonce constitue un signal fort en direction des pays voisins.
Enfin, l’état-major appelle les populations à demeurer vigilantes et à soutenir les efforts de paix engagés. Dans une région où les équilibres restent fragiles, la réussite de cette nouvelle phase dépendra largement de la capacité des États à traduire leurs engagements politiques en actions concrètes et durables.
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