La République de Guinée dispose désormais d’une nouvelle photographie démographique. Le gouvernement a présenté, mercredi 25 février, les résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), une opération d’envergure pilotée par l’Institut national de la statistique et ayant mobilisé plus de 22 000 agents sur l’ensemble du territoire.
Selon le directeur national de l’institution, Mankan Doumbouya, le pays compte désormais 17 521 167 résidents, dont 51,8 % de femmes contre 48,2 % d’hommes. Ces données confirment également une évolution progressive de la répartition territoriale : 61,3 % de la population vit en zone rurale, contre 38,7 % en milieu urbain un signe d’urbanisation croissante par rapport à 2014.
Des disparités régionales marquées
Les chiffres révèlent d’importants contrastes démographiques entre régions. La région de Kankan arrive en tête avec plus de 4,1 millions d’habitants, suivie de Conakry (3,4 millions). À l’inverse, les régions de Labé et Mamou enregistrent les effectifs les plus faibles.
La représentante par intérim du Fonds des Nations unies pour la population, Anita Akumiah, a salué une étape décisive pour le pays, estimant que ces résultats constituent « les portraits les plus précis » de la nation et la base indispensable à toute planification efficace.
Une population jeune et mobile
Pour le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Israël Nabé, ce recensement marque un tournant stratégique : « Gouverner sans données fiables, c’est avancer sans boussole », a-t-il déclaré, soulignant l’intégration, pour la première fois, d’outils numériques à toutes les étapes du processus ainsi que l’appui d’experts internationaux.
Les résultats montrent aussi une structure démographique particulièrement jeune : 79 % des habitants ont moins de 35 ans, un facteur déterminant pour les politiques publiques futures, qu’il s’agisse d’emploi, d’éducation ou d’urbanisme.
L’impact de l’orpaillage et de la migration
Présidant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur la lecture socio-économique des données. Selon lui, l’importance démographique de la Haute-Guinée s’explique en partie par l’attractivité des zones aurifères, notamment autour de Siguiri, où l’orpaillage attire une population majoritairement masculine en quête de travail.
À l’inverse, certaines préfectures comme Pita affichent de faibles taux de masculinité, reflet d’une migration importante vers l’étranger, notamment vers des capitales régionales comme Dakar.
Le chef du gouvernement a également rappelé que le chiffre officiel concerne les résidents présents sur le territoire et n’inclut pas la diaspora, estimant que la population totale de citoyens guinéens dans le monde pourrait dépasser 20 millions.
Un outil stratégique pour l’action publique
Réalisé conformément à la périodicité décennale recommandée par les Nations unies, le RGPH-4 s’inscrit dans la continuité des grandes étapes statistiques nationales, tout en marquant, selon les autorités, une rupture qualitative grâce à la numérisation intégrale du processus et à la mise en place d’une enquête post-censitaire destinée à vérifier la fiabilité des données.
Pour le gouvernement, ces résultats préliminaires constituent désormais une base stratégique pour orienter les politiques publiques et planifier le développement économique, social et territorial du pays au cours des prochaines années.
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