Réunis au Palais de la Colombe, les responsables municipaux de la capitale guinéenne ont été sommés par le Premier ministre d’apporter, dans un délai d’une semaine, des solutions concrètes pour reloger les commerçants déplacés lors des opérations de déguerpissement menées dans le Grand Conakry. Cette injonction illustre l’embarras des autorités face aux conséquences sociales d’une politique d’assainissement urbain jugée nécessaire mais mal préparée.
Selon le chef du gouvernement, l’absence de mécanisme systématique de réinstallation révèle une faille structurelle dans la gouvernance urbaine. Dans une métropole en expansion rapide, marquée par une pression démographique constante, l’improvisation administrative ne peut plus tenir lieu de stratégie, a-t-il insisté, rappelant qu’aucune réforme d’aménagement ne peut réussir sans anticipation sociale.
Le ton s’est durci lorsqu’il a évoqué les pratiques foncières passées. La vente illégale de terrains publics marchés, cimetières ou réserves destinées aux infrastructures a, selon lui, contribué à la désorganisation actuelle. Ces dérives auraient progressivement réduit les marges de manœuvre de l’État pour planifier l’espace urbain, accentuant la conflictualité autour du foncier.
La gouverneure de la capitale, M’Hawa Sylla, a toutefois défendu l’action des collectivités, évoquant des solutions provisoires déjà mises en place, notamment à Matoto et dans certaines zones périphériques. Elle a reconnu que des obstacles logistiques persistent, en particulier à Sanoyah, où des marchés récemment construits restent sous-utilisés faute de conditions adaptées pour les vendeuses, notamment celles spécialisées dans les produits périssables.
Au-delà de l’urgence immédiate, l’exécutif veut contraindre les treize communes à formaliser des propositions d’espaces destinés à accueillir des marchés provisoires. Parmi les priorités figure la reconstruction du site d’Avaria, symbole des tensions entre modernisation urbaine et survie de l’économie informelle.
Imedias.net
