À quelques jours de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, la Guinée affine les derniers contours de son dispositif électoral. Créé par décret présidentiel le 18 septembre, l’Observatoire national autonome de supervision du référendum et des élections (ONASUR) s’est progressivement imposé comme l’un des nouveaux acteurs du processus, dans un contexte où la crédibilité du scrutin demeure un enjeu central.
L’institution, dont les membres ont été officiellement installés à la suite du décret, est chargée d’observer et de superviser le déroulement du vote, sans interférence avec les prérogatives de l’organe organisateur, la Direction générale des élections (DGE). Elle s’inscrit dans la dynamique de refondation institutionnelle engagée depuis la prise de pouvoir par les autorités de transition en septembre 2021.
Placée sous la direction du Dr Sékou Koureissy Condé, l’ONASUR a engagé une série de consultations avec les différentes parties prenantes du processus électoral. Ces échanges concernent notamment les institutions judiciaires, la Haute autorité de la communication (HAC), les services en charge des affaires étrangères ainsi que les acteurs politiques impliqués dans la compétition présidentielle. Selon plusieurs sources, cette démarche vise à clarifier le rôle de l’Observatoire et à prévenir toute zone de friction institutionnelle.
Sur le terrain, l’ONASUR mise sur un dispositif décentralisé. Des observateurs ont été recrutés localement dans l’ensemble des régions du pays, formés aux procédures d’observation et équipés d’outils numériques permettant la transmission rapide des informations. Cette approche entend favoriser une présence continue dans les zones de vote et renforcer la fiabilité des données collectées.
À l’international, plusieurs organisations dont l’Union européenne, l’Organisation internationale de la francophonie, la CEDEAO et l’Union du fleuve Mano ont exprimé leur intérêt pour ce mécanisme de supervision. Ces appuis, encore essentiellement diplomatiques, traduisent une attention particulière portée au déroulement du scrutin dans un pays qui s’apprête à clore une transition politique de plus de quatre ans.
À l’approche du vote, l’ONASUR concentre ainsi une part des attentes liées à la transparence et à l’apaisement du processus électoral. Son efficacité et sa capacité à produire une observation crédible seront évaluées à l’aune du déroulement du scrutin et de la gestion de l’après-vote, dans un contexte politique encore sensible.
Bony Sylla
