La Libye, zone majeure de départ et de transit des migrants irréguliers vers l’Europe, notamment via l’Italie, a doté son Agence des gardes-frontières d’un nouveau « centre de formation spécialisée », financé par l’Union européenne (UE) et le ministère italien de l’Intérieur.
Le centre, situé dans la capitale Tripoli (ouest), a été conçu pour professionnaliser les agents de cette agence et renforcer leurs capacités afin qu’ils assurent une gestion intégrée des frontières, conforme aux normes internationales.
Renforcer le contrôle des frontières terrestres et des routes migratoires dans le désert
La mise en place de cette infrastructure « reflète le soutien croissant de l’Union européenne aux efforts de la Libye pour renforcer le contrôle des frontières terrestres et des routes migratoires dans le désert, afin de lutter contre le trafic et la traite des êtres humains », a indiqué l’ambassadeur de l’UE, Nicola Orlando.
Le diplomate a « réaffirmé l’engagement de l’UE en faveur de retours volontaires sûrs et dignes vers les pays d’origine des migrants », saluant « les efforts efficaces de la Libye dans ce domaine ». « Nous sommes convenus d’intensifier notre travail conjoint pour sauver des vies en mer et dans le désert, et pour garantir que la gestion des migrations et des frontières respecte pleinement les lois libyennes, les obligations internationales et les droits de l’homme », a-t-il ajouté.
« Soutien à la gestion intégrée des frontières et des migrations en Libye »
Créée en 2021 et placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, l’Agence des gardes-frontières est une institution paramilitaire spécialisée, chargée de la surveillance et de la sécurité des frontières terrestres et des points de passage de la Libye. Elle contrôle l’entrée et la sortie des personnes, des véhicules et des marchandises par les points de passage désignés, prévient les traversées illégales, la contrebande, la traite des êtres humains et autres activités criminelles.
Le centre de formation spécialisée a été établi dans le cadre du programme « Soutien à la gestion intégrée des frontières et des migrations en Libye » (SIBMMIL, en anglais), financé par l’UE et l’Italie. Lancé en 2017, ce programme est mis en œuvre par le ministère italien de l’Intérieur et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence onusienne spécialisée.
SIBMMIL vise à « renforcer les capacités des autorités libyennes compétentes dans les domaines de la gestion des frontières et des migrations, y compris le contrôle et la surveillance des frontières, la lutte contre le trafic et la traite des êtres humains, la recherche et le sauvetage en mer et dans le désert », selon l’UE.
Principale voie d’accès à l’Europe au départ de l’Afrique
Entre le 1er janvier et le 15 novembre, la Libye a intercepté 24 673 migrants irréguliers qui tentaient de rejoindre l’Italie, selon des chiffres de l’OIM. Durant la même période, 555 personnes sont mortes en tentant de traverser la route de la Méditerranée centrale (RMC) et 538 y sont portées disparues et présumées mortes, d’après la même source.
La RMC, qui traverse la mer Méditerranée au niveau de la côte ouest de la Libye et rejoint l’Italie ou Malte, est la principale voie d’accès à l’Europe au départ de l’Afrique. Elle est aussi « la route maritime migratoire la plus mortelle au monde », d’après SOS Méditerranée, une association civile européenne de sauvetage en mer.
La Libye partage de longues frontières terrestres avec l’Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, l’Algérie et la Tunisie, six pays qui constituent aussi des zones de transit pour la migration irrégulière vers l’Europe.
dpa
