Le Malawi et Singapour ont conclu un protocole d’accord sur le commerce de crédits carbone, dans le cadre de la COP30 qui se déroule à Belém, au Brésil. Cette initiative repose sur l’article 6 de l’Accord de Paris, qui permet aux pays de collaborer pour le partage ou l’échange de réductions d’émissions.
Cet accord a pour objectif d’établir les bases d’un contrat d’implémentation contraignant, visant à formaliser le transfert des « mitigation outcomes » (résultats de réduction d’émissions) du Malawi vers Singapour. Les deux nations collaboreront pour identifier des projets de compensation carbone conformes à l’article 6, en mettant particulièrement l’accent sur des domaines tels que la foresterie durable, l’agriculture « climate-smart » et les énergies renouvelables.
D’après Singapour, les entreprises assujetties à la taxe carbone auront la possibilité, une fois l’accord en vigueur, d’acquérir des crédits provenant de projets au Malawi afin de compenser jusqu’à 5 pour cent de leurs émissions soumises à imposition. Les ajustements correspondants seront instaurés pour éviter le double comptage : lorsque Singapour obtient des crédits, le Malawi s’engage à ne pas les utiliser pour ses propres obligations.
Le ministère malawien des Ressources naturelles a souligné les deux défis majeurs auxquels le pays est confronté : d’une part, une vulnérabilité importante face aux effets du changement climatique, (sécheresses, inondations et canicules), et d’autre part, un potentiel significatif dans les secteurs à faibles émissions de carbone. Il a également précisé que les investissements, les technologies et l’expertise s’avèrent cruciaux pour tirer parti de ce potentiel. Le ministère singapourien du Développement durable a affirmé que cette collaboration pourrait générer des crédits carbone de grande qualité et offrir des avantages concrets aux communautés locales, notamment en ce qui concerne l’emploi, l’accès à l’eau et à l’énergie, ainsi que la sécurité alimentaire.
