La spirale de violence au Soudan a franchi un nouveau seuil, après des frappes de drones qui ont décimé des dizaines d’enfants dans le Kordofan du Sud. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « consterné » par l’attaque du 4 décembre qui a touché une garderie et l’hôpital de Kalogi, déjà débordé par les blessés.
D’après l’OMS, l’hôpital a été visé à trois reprises, faisant 114 morts, dont 63 enfants. Les survivants ont été transférés vers Abu Jebaiha, où les équipes médicales appellent à des dons de sang urgents. Les secouristes eux-mêmes auraient été pris pour cible lors de l’évacuation des victimes — un acte qualifié d’« inacceptable » par les responsables onusiens.
Le même jour, un convoi humanitaire du PAM a été attaqué dans le Kordofan du Nord, blessant gravement un chauffeur qui transportait des vivres destinés au Darfour.
Ces violences surviennent alors que la situation humanitaire se dégrade encore dans un pays où la famine progresse, notamment à Kadugli, et où les civils continuent de fuir les combats entre l’armée soudanaise (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF). Plus de 30 millions de personnes nécessitent désormais une aide humanitaire et 9 millions ont été déplacées depuis avril 2023.
L’ONU appelle de nouveau à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des civils et à l’arrêt des flux d’armes alimentant le conflit. « Chaque jour sans action rapproche le Soudan d’une catastrophe encore plus grande », avertissent les responsables humanitaires.
dpa
