C’est un atelier aux enjeux techniques, mais à la portée politique majeure, qui s’est ouvert ce lundi à Conakry. Pendant cinq jours, des experts fiscaux venus de seize pays d’Afrique de l’Ouest plancheront sur les mécanismes de contrôle fiscal et d’échange d’informations dans le secteur extractif. Un domaine stratégique, au cœur des enjeux de souveraineté économique sur le continent.
Au centre de cette rencontre stratégique, la Directrice Générale des Impôts de Guinée, Mme Fatoumata Foula Diallo, a marqué les esprits par sa présence active, son discours mobilisateur et son leadership éclairé. Mme Diallo a incarné, à travers ses prises de parole, l’ambition guinéenne de redonner toute sa place à l’administration fiscale dans la gouvernance des ressources naturelles.
Une présence symbolique et stratégique
En prenant la parole dès la cérémonie d’ouverture, la Directrice Générale a souligné l’importance cruciale de cette initiative dans un contexte sous-régional marqué par une difficulté persistante à collecter efficacement les recettes issues des industries extractives.
« Le secteur extractif, par sa complexité, exige des compétences renforcées en matière de contrôle fiscal et d’échange d’informations. C’est pourquoi ce cadre de dialogue et de partage d’expériences est si précieux pour nous », a déclaré Mme Diallo devant un parterre de responsables fiscaux et de partenaires techniques.
Elle a exprimé sa gratitude au FAFOA pour le choix de la Guinée comme pays hôte, tout en saluant le soutien constant de la Banque mondiale, acteur clé de cette initiative. Elle a surtout mis en avant la volonté de la Guinée d’aller au-delà des diagnostics pour mettre en œuvre des réformes concrètes, structurantes et durables.
Une femme de vision et d’action au service de la souveraineté fiscale
Le rôle de Mme Diallo au sein du Conseil du FAFOA a d’ailleurs été salué par plusieurs intervenants. Jules Tapsoba, secrétaire exécutif du FAFOA, a particulièrement insisté sur « l’action particulière de Mme Diallo-Fatoumata, qui a toujours été présente et qui a toujours travaillé au bon rayonnement de l’organisation ».
Cette reconnaissance vient renforcer la place qu’occupe désormais la DGI de Guinée sur la scène régionale. Depuis plusieurs mois, sous l’impulsion de Mme Diallo, l’institution mène des réformes pour mieux capter les recettes issues du secteur minier, en rationalisant les mécanismes de contrôle et en luttant contre les pratiques d’optimisation agressive de la fiscalité par certaines compagnies.
Au-delà des mots, sa direction a su jouer un rôle central dans la conception et la réussite de cet atelier inédit : un format en présentiel, des panels animés par des experts de la sous-région, et une ambition de poser les bases d’une base de données régionale sur les opérations minières, une première en Afrique de l’Ouest.
Vers une nouvelle ère de la fiscalité extractive
Soutenue par les propos du Premier ministre Amadou Oury Bah, qui a réaffirmé la volonté des autorités de « traquer toutes les recettes potentielles dans les secteurs non encore valorisés », la Directrice Générale des Impôts s’impose comme une figure centrale de cette mutation fiscale. Elle fait le lien entre la volonté politique exprimée au sommet de l’État et sa traduction technique et opérationnelle dans les administrations.
« L’administration fiscale est plus que jamais au cœur du développement économique et de la bonne gouvernance », a-t-elle rappelé avec conviction.
L’atelier de Conakry marque également le lancement d’un projet régional inédit : la création d’une base de données commune sur les opérations minières. Objectif : améliorer la transparence, faciliter le croisement d’informations et détecter plus efficacement les tentatives de fraude ou d’évasion fiscale.
Un chantier que Mme Diallo juge prioritaire :
« Nous devons définir ensemble des stratégies innovantes pour élargir l’assiette fiscale, sécuriser les recettes et lutter efficacement contre la fraude. Cet atelier est un tremplin vers une fiscalité extractive plus intelligente et plus équitable. »
Le ministre du Budget, Facinet Sylla, a aussi exprimé sa reconnaissance à l’endroit de la DGI de Guinée et de sa Directrice Générale pour « leur engagement dans l’organisation et la réussite de cet événement stratégique ». De même, les représentants de la Banque mondiale et des autres institutions partenaires ont salué la qualité de l’accueil et la pertinence des thématiques abordées.
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