Le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, a lancé une initiative de financement des intrants aquacoles au profit des petits pisciculteurs, et ce, dans le cadre d’un programme mondial cofinancé par l’Union européenne (UE) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ).
Porté par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) et implémenté par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce programme est baptisé « Poisson pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique » (« FISH4ACP », en acronyme anglais). L’initiative de financement des intrants aquacoles marque une étape « décisive » dans l’amélioration de l’accès des petits pisciculteurs au Nigeria aux ressources financières et à l’appui technique, a souligné la FAO.
Elle comprend, a-t-on ajouté, une stratégie destinée à fournir des crédits aux exploitants par l’intermédiaire de partenaires financiers sélectionnés, à étendre le soutien technique, à collecter des données relatives à la mise en œuvre, à développer des modèles d’entreprise viables et, à terme, à établir un mécanisme conjoint de renforcement des capacités.
« Le Nigéria aurait besoin de 3,2 millions de tonnes métriques de poisson par an, mais la production actuelle n’atteint que 1,2 million de tonnes. Cet écart souligne non seulement la nécessité d’augmenter la production locale, mais aussi le rôle crucial de l’inclusion financière et du renforcement des capacités dans la réalisation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle », a déclaré un responsable de la FAO.
« L’intensification de la pisciculture ne se limite pas à la production, elle implique la mise en place de systèmes durables, inclusifs et financièrement viables. FISH4ACP nous montre comment un soutien ciblé, en particulier pour les petits producteurs, peut aider à libérer le plein potentiel de l’aquaculture comme source de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance ruraux et de résilience économique », a dit, de son côté, un responsable à la délégation de l’UE au Nigéria.
Douze chaînes de valeur dans douze pays
Le programme FISH4ACP vise à relever certains des défis qui sous-tendent la mise en place d’une pêche et d’une aquaculture durables dans les pays d’interventions, notamment une performance économique modérée, des difficultés d’accès aux marchés et des problématiques de durabilité sociale et environnementale, selon la FAO.
Il s’agit d’améliorer la productivité et la compétitivité des chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture, tout en assurant la durabilité économique, sociale et environnementale du secteur, d’après l’agence onusienne spécialisée.
Le programme travaille avec douze chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture dans douze pays membre de l’OEACP dont neuf en Afrique, à savoir : le Cameroun (crevette), la Côte d’Ivoire (tilapia d’élevage), la Gambie (huître), le Nigeria (poisson-chat d’élevage), Sao Tomé-et-Principe (pélagiques), le Sénégal (huître), la Tanzanie (sprat, sardine et perche du Lac Tanganyika), la Zambie (petits pélagiques du Lac Tanganyika) et le Zimbabwe (tilapia d’élevage).
FISH4ACP prête particulièrement attention aux petites et moyennes entreprises (PME), en raison de leur capacité à générer des avantages sociaux et économiques, en particulier pour les femmes et les jeunes.
dpa
