L’est de la République démocratique du Congo sombre dans une nouvelle spirale de violence. Et le monde semble regarder ailleurs.
Depuis la ville de Goma, récemment envahie par les rebelles du M23, Tom Fletcher, Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, tire la sonnette d’alarme : crimes de guerre, violences sexuelles extrêmes, déplacements massifs et pénurie d’aide humanitaire plongent la population dans un désespoir profond.
« Nous sommes en train de faire des choix de vie ou de mort à cause du manque de financement. »
Des récits insoutenables
En visite dans plusieurs zones affectées par les combats, Tom Fletcher confie avoir entendu des témoignages que « je ne peux pas répéter tellement ils sont atroces ». Des femmes victimes de viols collectifs, des enfants assoiffés, des familles sans abri.
« Ces communautés ont traversé l’enfer. Mais elles se battent pour survivre. »
Le conflit, qui oppose depuis des mois les forces armées congolaises aux rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, a déjà déplacé des centaines de milliers de personnes supplémentaires, s’ajoutant aux 5 millions de déplacés internes que compte déjà le pays.
Une aide humanitaire en chute libre
Le plus alarmant ? Le financement de l’aide humanitaire s’effondre.
Selon l’ONU, 70 % des programmes d’aide en RDC étaient historiquement financés par les États-Unis. Mais aujourd’hui, cette manne s’évapore. Résultat : l’ONU et ses partenaires doivent prioriser brutalement : qui aura de l’eau ? des médicaments ? un abri ?
« Pour les femmes violées, pour les enfants affamés, ces coupes budgétaires se traduisent par des morts. »
Pendant que le monde arme, la RDC s’effondre
Cette crise humanitaire survient au moment où les pays de l’OTAN viennent d’annoncer une augmentation de 5 % de leur budget de défense. Un contraste brutal que Tom Fletcher dénonce avec force.
« Nous ne demandons qu’1 % de ce que le monde consacre à la défense pour sauver des vies. Un seul pour cent. »
L’ONU ne lâche pas
Malgré les routes bloquées, les checkpoints armés et la fermeture de l’aéroport de Goma, les équipes humanitaires restent mobilisées. Elles tentent d’acheminer l’aide, d’ouvrir des couloirs humanitaires, de maintenir un minimum de services.
Et sur le terrain, la solidarité locale prend le relais. « Ces communautés, malgré tout ce qu’elles ont enduré, continuent de s’entraider. Elles ne renoncent pas. »
