Alors que l’Africa Energies Summit de Londres continue de tirer d’importants bénéfices du secteur énergétique africain en pleine expansion, la Chambre africaine de l’énergie interpelle publiquement l’organisation sur une réalité troublante : l’absence flagrante de Noirs africains dans son personnel.
Dans un contexte où l’Afrique s’impose comme un acteur stratégique du paysage énergétique mondial, cette sous-représentation soulève de sérieuses interrogations sur l’engagement réel du sommet en matière de diversité et d’inclusion. Pour NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, il ne s’agit pas seulement d’un oubli, mais d’une injustice structurelle qui mérite une réaction immédiate.
Frontier tire une grande partie de ses revenus de l’Afrique, mais aucun Noir n’est embauché au sein de l’entreprise. Nous sommes des contributeurs actifs à leurs événements, mais absents de leurs équipes. C’est inacceptable, déclare-t-il avec fermeté.

Un déséquilibre inacceptable
Malgré la richesse humaine et intellectuelle que recèle le continent africain, les pratiques de recrutement du Africa Energies Summit demeurent opaques, basées principalement sur des réseaux informels et exclusifs. Résultat : des professionnels noirs hautement qualifiés, parfaitement aptes à occuper des postes de responsabilité, sont laissés pour compte.
Ce paradoxe est d’autant plus saisissant que les pays africains du Nigeria à la Namibie, en passant par la Gambie, le Ghana ou encore le Kenya — figurent parmi les plus fervents soutiens du sommet. Ils en sont à la fois les sponsors, les intervenants et les marchés cibles. Pourtant, cette dynamique économique ne se reflète pas dans la composition des équipes organisatrices.
Une question d’équité, mais aussi de stratégie
La Chambre africaine de l’énergie insiste sur le fait que l’inclusion ne relève pas seulement d’un impératif moral ou symbolique : elle est une nécessité stratégique pour toute entreprise opérationnelle sur le continent. L’exemple du secteur pétrolier et gazier, qui a su promouvoir des talents africains notamment des femmes à des postes de leadership, démontre que le changement est non seulement possible, mais porteur de résultats.
Les Africains ont démontré leur capacité à diriger, innover et transformer. Il n’y a aucune excuse valable pour les exclure des processus décisionnels , martèle NJ Ayuk.
La Chambre africaine de l’énergie appelle donc le Africa Energies Summit à corriger sans délai ce déséquilibre criant. Cela passe par des engagements concrets : recrutement de talents africains, promotion de la diversité au sein des organes de décision, et pourquoi pas, relocalisation de l’événement sur le sol africain, afin de mieux refléter la réalité géographique et humaine du secteur qu’il prétend représenter.
Nous ne pouvons plus accepter que nos voix soient marginalisées alors que nos ressources et nos talents sont au cœur du développement énergétique mondial. Il est temps de passer des mots aux actes, conclut la Chambre.
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