Dans un paysage médiatique où la politique l’emporte souvent sur l’éducation, Mohamed Barka Condé trace une voie singulière. À seulement 30 ans, ce passionné de culture générale s’est donné pour mission de réhabiliter le savoir comme un levier d’excellence et d’émancipation en Afrique de l’Ouest. Son ascension est fulgurante : en quelques années, il est passé du rôle d’animateur de Questions pour un Champion en Guinée à celui de coordinateur régional du programme pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Un tel parcours n’a rien d’un hasard. Condé s’est distingué très tôt par ses aptitudes académiques. À 17 ans, il décroche son baccalauréat anticipé avant d’intégrer l’université Kofi Annan, où il obtient une Licence et un Master 1 en communication à seulement 21 ans. Mais c’est sa fascination pour les jeux de culture générale qui façonne véritablement son engagement. « J’ai toujours perçu ces compétitions comme un espace où l’intelligence l’emporte sur tout. Dans un pays où l’excellence académique peine à être valorisée, il était essentiel de créer un cadre où les jeunes puissent affirmer leur savoir », explique-t-il.
En 2019, il fonde la version guinéenne de Questions pour un Champion, un projet qui repose sur une idée simple mais ambitieuse : faire de la culture générale un vecteur de distinction et de réussite. L’accueil du public est immédiat, mais le chemin est semé d’embûches. « En Guinée, les initiatives intellectuelles peinent à obtenir le même soutien que le show-business. Pourtant, nous avons démontré qu’une émission basée sur le savoir pouvait rassembler un large public », souligne-t-il.
Grâce à l’appui de la Fondation Orange Guinée, le programme s’étend rapidement au-delà de Conakry. Pendant trois ans, Mohamed Barka Condé sillonne le pays, parcourant plus de 2 300 kilomètres à la recherche de jeunes talents. De Boké à Kankan, en passant par Labé et Nzérékoré, il révèle un potentiel souvent ignoré. « Les jeunes des régions n’ont pas moins de capacités que ceux des grandes villes. Ils ont simplement moins d’opportunités », affirme-t-il. Une observation qui se confirme lorsqu’une lycéenne de Siguiri, retenue lors des sélections à Kankan, devient double championne nationale et s’apprête à représenter la Guinée à la compétition ouest-africaine.
Sa nomination en 2024 en tant que coordinateur régional de Questions pour un Champion marque une nouvelle étape dans son engagement. « L’enjeu dépasse désormais la Guinée. Il s’agit de structurer l’émission à l’échelle de plusieurs pays, d’en faire un véritable outil d’émulation intellectuelle dans toute l’Afrique de l’Ouest », précise-t-il.
Mais au-delà du jeu, son combat est celui de la transmission du savoir. Conscient des inégalités qui persistent dans l’accès à une éducation de qualité, il plaide pour une modernisation des systèmes d’apprentissage. Il insiste notamment sur la nécessité d’intégrer les outils numériques dans l’éducation, un domaine dans lequel des initiatives, comme celle de la Fondation Orange Guinée avec ses écoles numériques, commencent à faire la différence.
« Nous devons repenser notre rapport au savoir. La culture générale n’est pas un simple loisir, c’est une compétence essentielle qui peut faire la différence dans une carrière, dans un examen ou même dans la construction d’une pensée critique », soutient-il.
Son ambition ne s’arrête pas à l’Afrique de l’Ouest. Dans une décennie, il se voit coordonner l’émission à l’échelle de toute l’Afrique francophone. « Ce projet est intergénérationnel. Il doit évoluer avec son temps, s’adapter aux réalités éducatives de chaque pays et surtout, offrir aux jeunes un espace où ils puissent s’épanouir par le savoir », conclut-il.
En attendant, il poursuit son projet avec une conviction profonde : le savoir, transmis de manière ludique et accessible, peut réellement changer l’avenir des jeunes d’Afrique de l’Ouest.
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