La situation en Somalie est plus que préoccupante. En 2022, le pays a frôlé la famine, frappé par une sécheresse sans précédent qui a causé la mort de milliers de personnes, dont près de la moitié étaient des enfants. Et aujourd’hui, le pays se trouve de nouveau sur le fil du rasoir. Les Nations Unies et le gouvernement somalien tirent la sonnette d’alarme : sans financement humanitaire suffisant, des millions de vies sont en jeu.
L’Agence somalienne de gestion des catastrophes (SoDMA), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) annoncent que 3,4 millions de Somaliens sont déjà confrontés à une faim de niveau crise. Ce chiffre pourrait atteindre 4,4 millions d’ici juin 2025, avec l’arrivée de pluies moins abondantes qu’à l’habitude, qui risquent de rendre la situation encore plus catastrophique.
Selon Mohamuud Moallim, commissaire de la SoDMA, « cette sécheresse qui s’aggrave menace des communautés déjà fragilisées par la guerre et des conditions de vie extrêmes. Si nous n’agissons pas rapidement, des vies seront perdues. » La crise actuelle est amplifiée par un conflit persistant et une diminution alarmante des financements humanitaires, rendant les actions de secours encore plus complexes.
Les personnes les plus vulnérables sont celles qui n’ont plus de quoi se nourrir. Parmi elles, les familles d’agriculteurs aux récoltes dévastées, les éleveurs avec des bétail diminué et les déplacés internes, qui ont tout perdu et n’ont plus d’espoir.
L’Organisation des Nations Unies met en garde : l’aide humanitaire, déjà limitée par des manques de fonds, risque de disparaître là où elle est la plus nécessaire. Le Plan humanitaire de la Somalie pour 2025, qui devrait lever 1,42 milliard de dollars, n’a atteint que 12,4 % de son objectif.
Les enfants, qui constituent une grande partie des victimes, sont les plus touchés. Environ 1,7 million d’enfants de moins de cinq ans sont déjà victimes de malnutrition aiguë. Parmi eux, 466 000 souffrent de malnutrition sévère. Le sud du pays, déjà dévasté par des conditions climatiques extrêmes et l’insécurité, est particulièrement touché par cette crise nutritionnelle.
Les autorités et les organisations humanitaires insistent sur le fait que la prévention et l’action anticipée sont essentielles pour éviter que cette situation ne devienne une tragédie de plus grande envergure. Le manque de financement met en péril ces efforts vitaux. La Somalie a déjà frôlé la famine en 2022 et elle risque de la revivre si les soutiens nécessaires ne sont pas apportés.
El-Khidir Daloum, directeur du PAM en Somalie, résume la situation : « La crise est déjà là, et sans un soutien financier immédiat, nous risquons de revivre les pires scénarios de 2022. » Les appels aux dons sont urgents, car le temps presse.
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