Une immersion instructive au cœur du commerce transfrontalier. Une délégation de l’Union du Fleuve Mano (MRU) a effectué une visite d’étude au poste frontalier à arrêt unique (OSBP) de Busia, entre le Kenya et l’Ouganda. L’objectif ? Comprendre les mécanismes facilitant les échanges transfrontaliers et tirer des leçons pour autonomiser les commerçantes du Libéria et de la Sierra Leone. La mission a réuni des commerçantes, des responsables frontaliers et des représentants de la Banque africaine de développement.
Le poste de Busia, traitant chaque jour plus de 3 000 personnes et 900 véhicules, a révolutionné les transactions transfrontalières depuis 2018. Fini les longues files d’attente et les lourdeurs administratives : place à un système fluide qui met en avant l’efficacité et la transparence. Pour les femmes commerçantes, c’est une véritable bouffée d’air.
Un modèle inspirant pour l’Afrique de l’Ouest
« Le poste frontalier de Busia prouve qu’une collaboration efficace entre gouvernements et acteurs du commerce peut transformer la vie des femmes entrepreneures », souligne Nelly Maina, responsable du genre à la Banque africaine de développement. La visite s’inscrit dans le programme BI-BEST, un projet visant à accompagner 1 500 femmes commerçantes en Afrique de l’Ouest.
Sur place, la délégation a échangé avec les autorités kenyanes et ougandaises, mais aussi avec les commerçantes locales. « Acheter des pommes de terre au Kenya et vendre du maïs en Ouganda est devenu bien plus simple », raconte Mercy Mugo, une commerçante de Busia. Florence Atieno, autre commerçante, va plus loin : « Un environnement commercial inclusif a des retombées positives pour toute la communauté. »
Une vision plus large du commerce inclusif
Outre les facilités douanières, l’OSBP de Busia innove aussi en faveur des femmes commerçantes. Un centre de garde d’enfants a été mis en place, offrant aux mères la possibilité de se consacrer à leur activité sans contraintes. Les nouveaux dispositifs de signalement permettent également aux femmes d’exprimer leurs préoccupations en toute sécurité.
Pour Betty R. Kamara, de Sierra Leone, l’exemple kenyan est inspirant : « J’ai vu des femmes collaborer avec les autorités de manière constructive tout en gérant leur commerce et leur famille. Ce modèle doit être reproduit chez nous. »
La délégation repart avec des idées concrètes : simplifier les procédures, renforcer la sécurité des femmes commerçantes et leur offrir des espaces adaptés. Un premier pas vers une transformation du commerce transfrontalier en Afrique de l’Ouest.
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