Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) ont lancé en Sierra Leone la troisième phase de leur programme mondial conjoint visant à mettre fin au mariage des enfants.
D’une durée de 15 ans (2016-2030), ce programme a été conçu pour contribuer à la réalisation de l’Objectif de développement durable (ODD) de l’ONU : « Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine ». Il est déployé dans douze des pays où la prévalence de mariage d’enfants est la plus élevée : Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Mozambique, Népal, Niger, Ouganda, Sierra Leone, Zambie, Bangladesh, Yémen et Inde.
Le lancement de la troisième phase du programme mondial UNFPA-UNICEF intervient après l’adoption du Parlement sierra-léonais, cet été, d’une loi interdisant les mariages d’enfants, a déclaré la ministre des Affaires du Genre et de l’enfance, Mme Isata Mahoi.
La nouvelle phase se concentrera sur l’application des lois existantes sur le mariage des enfants, l’autonomisation des filles par l’éducation et une collaboration étroite avec les communautés pour modifier les normes culturelles et les attitudes à l’égard du mariage précoce, a-t-elle ajouté.
Les phases précédentes du programme ont permis d’améliorer l’accès à des services de protection de l’enfance tenant compte du genre, de renforcer les services de santé sexuelle et reproductive adaptés aux adolescents et de déployer un système de gestion des informations sur la violence basée sur le genre (VBG).
Le taux de mariage d’enfants en Sierra Leone a baissé de 48 pour cent en 2008 à 30 pour cent en 2019, a rappelé la ministre. La responsable a ajouté que beaucoup reste à faire, car une adolescente sierra-léonaise sur trois est exposée au risque d’être forcée à un mariage précoce.
Pour Amnesty International, la récente loi qui interdit le mariage des enfants en Sierra Leone est « historique ». « En criminalisant le mariage de toute personne âgée de moins de 18 ans, ce texte vise à protéger les jeunes filles d’une pratique profondément néfaste qui viole depuis longtemps leurs droits et entrave leur éducation, leur santé et leur bien-être. Il s’agit d’une avancée majeure dans la lutte contre les violences basées sur le genre », a souligné l’organisation.
Selon l’UNICEF, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale avaient la prévalence la plus élevée de mariages d’enfants dans le monde en 2023. En Sierra Leone, 30 pour cent des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées ou en union pour la première fois entre 15 et 18 ans, d’après l’agence onusienne spécialisée.
dpa
