À l’instar de beaucoup de producteurs agricoles africains, Natogoma Yiré Coulibaly, une Ivoirienne de 35 ans, avait de la peine à écouler ses produits maraîchers, si bien qu’ils finissaient à la poubelle. Afin de résoudre cette problématique, la jeune femme eut l’idée de les transformer en denrées alimentaires.
Pour cela, elle s’inscrit à une formation en techniques de conservation qui lui permet de créer « Jasmate », une entreprise spécialisée dans la fabrication de farines infantiles, à base de produits locaux tels que les céréales, le moringa et le fruit du baobab. Lancée officiellement en 2023, la jeune pousse, qui emploie une dizaine de personnes, produit chaque mois 4000 pots de farine d’une contenance de 300g.
Jasmate collabore avec des jeunes entrepreneurs agricoles ainsi que des groupements de femmes afin de renforcer leur autonomisation économique et améliorer leurs moyens de subsistance. En misant sur la transformation de ses produits maraîchers en farine infantile, l’entrepreneure ivoirienne espère lutter contre les pertes post-récolte et combattre la malnutrition infantile en Côte d’Ivoire.
« Nous œuvrons à contribuer à l’éradication de la malnutrition des enfants en Côte d’Ivoire et en Afrique, en fournissant des aliments nutritifs et accessibles. Nos produits sont naturels et ne contiennent ni conservateurs ni sucre et sel ajoutés », assure Natogoma Yiré dans un entretien accordé à la dpa. « Nous avons également comme mission de valoriser nos ressources agricoles locales et de réduire la dépendance aux importations de produits alimentaires », ajoute-t-elle.
Natogoma Yiré distribue ses produits auprès des 44 supérettes et supermarchés à Abidjan. Elle souhaite, d’ici à la fin de l’année, porter ce chiffre à cinquante commerces et s’étendre par la suite à l’intérieur du pays. « Notre ambition est de devenir leader dans la transformation et la commercialisation de produits infantiles à base de nos produits locaux. En plus des farines, nous comptons produire des compotes et purées, des biscuits et du jus », souligne-t-elle.
En Afrique subsaharienne, les pertes post-récolte de fruits et de légumes dans les exploitations agricoles atteignent 50 pour cent, « soit le taux le plus élevé au monde », selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette situation est essentiellement due au manque d’équipements de la chaîne du froid, en particulier pour les denrées périssables. En 2014, les pays membres de l’Union africaine (UA) se sont fixé l’objectif ambitieux de réduire de moitié les pertes après-récolte d’ici à 2025. Mais peu de progrès ont été enregistrés.
dpa
