En réunissant décideurs publics et investisseurs français autour du programme Simandou 2040, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a voulu envoyer un signal clair : la Guinée entend changer de modèle économique et s’inscrire durablement dans une logique de transformation locale.
Ce forum d’affaires, organisé avec Bpifrance, intervient dans un contexte où les pays riches en ressources naturelles cherchent à capter davantage de valeur ajoutée sur leurs chaînes de production. Longtemps dépendante de l’exportation de matières premières, la Guinée ambitionne désormais de développer une base industrielle et de renforcer son autonomie économique.
Au cœur de cette stratégie figure le programme Simandou 2040, présenté par les autorités comme une feuille de route pour un développement « durable et responsable ». Pour le ministre du Plan, Ismaël Nabe, il s’agit d’opérer une mutation en profondeur : passer d’une économie extractive à une économie productive, capable de générer de la valeur localement et de soutenir l’emploi.
Dans cette dynamique, la coopération avec la France est appelée à jouer un rôle structurant. L’ambassadeur français a ainsi insisté sur l’importance de la gouvernance financière et de la transparence, des conditions jugées essentielles pour attirer des investissements durables. Une position qui reflète les attentes des partenaires internationaux, de plus en plus attentifs aux cadres réglementaires et aux garanties institutionnelles.
La ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a pour sa part plaidé pour des partenariats « ancrés dans le temps », capables de produire des résultats concrets au-delà des annonces. Une approche qui traduit une volonté de rompre avec des logiques de coopération ponctuelles, souvent critiquées pour leur faible impact.
Pour Amadou Oury Bah, l’enjeu est désormais de faire de la Guinée « un territoire de transformation, de production et de création de valeur ». Une ambition qui s’inscrit dans un mouvement plus large observé sur le continent africain, où plusieurs États cherchent à mieux tirer parti de leurs ressources en développant des industries locales.
Reste toutefois à transformer ces orientations en réalisations concrètes. La réussite du programme Simandou 2040 dépendra de la capacité du pays à mobiliser des financements, à sécuriser un environnement des affaires stable et à structurer des filières compétitives. Autant de défis qui conditionneront la crédibilité de cette nouvelle trajectoire économique.
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