Le ministre des affaires étrangères guinéen, Dr Morissanda Kouyaté, s’est employé jeudi à désamorcer une controverse croissante autour de la politique de rapatriement des ressortissants de la Guinée depuis l’Europe. Lors d’une conférence de presse à Conakry, le chef de la diplomatie a assuré que les autorités n’avaient jamais cessé de défendre leurs citoyens à l’étranger, affirmant que ses déclarations récentes avaient été mal interprétées.
Au cœur de la polémique : des critiques accusant le gouvernement de soutenir les expulsions de migrants guinéens tout en affichant un discours protecteur. Le ministre a rejeté ces accusations, expliquant que les retours concernent exclusivement des personnes ayant épuisé toutes les voies de recours juridiques dans leurs procédures d’asile. « Nous dénonçons les rapatriements sans raison valable », a-t-il insisté, rappelant que l’action diplomatique du pays s’inscrit, selon lui, dans la vision du président Mamadi Doumbouya.
Une gestion sensible de la diaspora
La question migratoire constitue un sujet politiquement délicat pour Conakry, dont une part importante de la population vit à l’étranger. Morissanda Kouyaté a ainsi tenu à relativiser l’ampleur des retours forcés, évoquant le cas de l’Allemagne, où seuls 120 ressortissants auraient été rapatriés sur plus de 6 000 Guinéens en situation difficile depuis l’arrivée au pouvoir des autorités actuelles. Le processus, a-t-il précisé, ne concerne pas un seul pays mais s’inscrit dans un cadre plus large impliquant plusieurs États de l’Union européenne.
Le ministre a également répondu aux attaques personnelles dont il fait l’objet, certains commentateurs lui reprochant d’avoir lui-même mis sa famille à l’abri à l’étranger. Il a expliqué avoir quitté son pays par le passé sous la contrainte, évoquant des menaces ayant rendu l’exil nécessaire.
Modernisation consulaire et coopération internationale
Au-delà de la controverse, la conférence de presse visait à présenter un bilan plus large de l’action diplomatique en direction de la diaspora. Le chef de la diplomatie a mis en avant les dispositifs d’assistance mis en place pour les ressortissants en difficulté dans plusieurs pays, citant notamment l’Ukraine, la Tunisie, le Soudan ou encore l’Algérie. Il a aussi souligné les progrès réalisés dans la délivrance de documents administratifs biométriques, présentés comme un levier de protection consulaire et d’identification sécurisée.
Évoquant les perspectives, Morissanda Kouyaté a indiqué que l’accord migratoire signé en 2018 pourrait faire l’objet d’une révision afin de mieux prendre en compte les intérêts des citoyens guinéens. Il a enfin insisté sur la volonté de son pays de coopérer avec ses partenaires internationaux pour garantir le respect des droits de ses ressortissants, tout en maintenant un dialogue diplomatique actif sur les questions migratoires.
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