Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a fermement condamné, samedi, une attaque de drones ayant frappé une base logistique des Casques bleus de l’ONU à Kadougli, dans le sud du Soudan. L’attaque a coûté la vie à six soldats de la paix et fait huit blessés, tous membres du contingent bangladais déployé au sein de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA).
Kadougli, capitale de l’État du Kordofan du Sud, se trouve au cœur d’une région ravagée par la guerre civile opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR). Ce conflit, entré dans sa troisième année, a provoqué l’une des plus graves crises humanitaires au monde, avec des millions de déplacés et un effondrement généralisé des services essentiels.
Dans un communiqué, António Guterres a rappelé que les attaques contre le personnel des Nations Unies sont prohibées par le droit international et pourraient constituer des crimes de guerre. « Les Casques bleus ne doivent jamais être pris pour cible. Les responsables de ces actes devront répondre de leurs actes », a-t-il déclaré, appelant toutes les parties à respecter leurs obligations en matière de protection des civils et du personnel humanitaire.
Le chef de l’ONU a adressé ses condoléances aux autorités et au peuple du Bangladesh, ainsi qu’aux familles des victimes, tout en assurant que des mesures étaient en cours pour l’évacuation et la prise en charge médicale des blessés. Il a également salué l’engagement des Casques bleus « qui continuent de servir dans certains des environnements les plus dangereux au monde ».
António Guterres a de nouveau exhorté les parties belligérantes à instaurer un cessez-le-feu immédiat et à reprendre des négociations en vue d’un règlement politique durable, inclusif et dirigé par les Soudanais.
La réaction a également été vive au sein du Département des opérations de paix de l’ONU. Son responsable, Jean-Pierre Lacroix, s’est dit « profondément choqué » par cette attaque, soulignant que les Casques bleus ne sont pas une cible et que de tels actes pourraient, eux aussi, relever de crimes de guerre.
Située dans une zone riche en pétrole et disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud depuis la partition de 2011, Abyei reste sous la surveillance de la FISNUA, dans un contexte sécuritaire de plus en plus précaire. Cette nouvelle attaque illustre les risques croissants auxquels sont confrontées les missions de maintien de la paix dans un Soudan en proie à une instabilité persistante.
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