Le 21 décembre prochain, le Maroc et les Comores ouvriront la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat. Sur la pelouse, la fête. Dans les gradins, 68 000 supporters. Mais l’essentiel du public sera ailleurs : derrière des écrans, sur un continent entier suspendu à l’événement sportif le plus suivi d’Afrique.
Avec 1,4 milliard de téléspectateurs cumulés lors de l’édition 2024, l’AFCON n’est plus seulement un tournoi : c’est un produit médiatique de portée mondiale. Ce succès repose sur un moteur essentiel : les droits de diffusion, achetés à prix d’or par les grandes plateformes. En Afrique subsaharienne, SuperSport a de nouveau investi pour offrir la compétition à des millions de foyers.
Ces revenus financent tout ce que le public ne voit pas : les centres de formation, les arbitres, les stades rénovés, les académies de jeunes, les déplacements des équipes nationales, et les programmes de la CAF. Pendant un mois, c’est toute une économie techniciens, caméras, hôtels, transport qui tourne autour de l’AFCON.
Mais derrière l’excitation de Rabat plane une menace grandissante : la diffusion illégale des matchs. Ce piratage massif siphonne les ressources essentielles du football africain. Car chaque flux pirate visionné, c’est une part de financement qui disparaît. L’argent ne va ni aux fédérations ni aux jeunes joueurs, mais à des réseaux criminels basés hors du continent.
Les chiffres dans d’autres ligues montrent l’ampleur du problème : jusqu’à 700 millions d’euros de pertes en Espagne, plus de 600 000 flux illégaux bloqués en une seule saison au Royaume-Uni. En Afrique, où les budgets sont plus serrés, l’impact peut être dévastateur.
Les risques pour les fans sont aussi bien réels : virus, vol de données, arnaques, contenus dangereux. Et pour le football, une autre conséquence : des audiences impossibles à mesurer, rendant le sport moins attractif pour les sponsors.
Face à cela, des initiatives comme Partners Against Piracy et les technologies d’Irdeto cherchent à protéger les contenus et à traquer les sources de diffusion illicite.
Mais la clé reste entre les mains du public africain. S’il veut continuer à voir éclore des talents, vibrer pour son équipe, et préserver des compétitions comme l’AFCON, le choix est simple : soutenir les diffuseurs officiels.
En 2025, défendre le football passe aussi par la manière dont on le regarde. Le match commence à Rabat, mais l’avenir du jeu, lui, se joue partout ailleurs.
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