Fini le temps où l’Afrique suivait passivement les standards technologiques globaux : au Africa Tech Festival 2025, le continent a rappelé qu’il veut être acteur, pas spectateur. De l’IA à la finance digitale, intervenants et institutions ont exigé des règles, des produits et des investissements qui respectent les réalités africaines.
Entre débats sur l’intelligence artificielle éthique, inclusion financière, leadership des jeunes et connectivité rurale, le ton a été donné : le futur numérique africain sera humain, responsable et inclusif.
Sous les projecteurs, Bernardo Mariano Junior, Secrétaire général adjoint de l’ONU et Directeur des technologies de l’information, a délivré un message fort depuis New York. Dans son intervention intitulée “Governing AI in Africa Building Trust through Contextual and Ethical Leadership”, il a appelé à la mise en place de cadres africains de gouvernance de l’IA, ancrés dans la transparence, l’équité et la responsabilité.
« L’Afrique doit façonner les normes mondiales de l’IA, et non les subir », a-t-il insisté. « Sa diversité culturelle et linguistique est une force pour bâtir une technologie plus humaine, dans l’esprit d’ubuntu. »
À AfricaIgnite, la voix de l’entrepreneuriat africain s’est faite entendre à travers Odunayo Eweniyi, cofondatrice de PiggyVest et partenaire chez FirstCheck Africa. Revenant sur dix ans d’expérience dans la fintech nigériane, elle a partagé les clés d’un succès durable : la confiance des utilisateurs, la transparence et la collaboration avec les régulateurs. Une leçon sur la résilience entrepreneuriale dans un contexte où la finance numérique se veut levier d’inclusion.
Le festival a également mis en lumière la jeunesse africaine, atout démographique et moteur d’innovation. L’ancien rugbyman et philanthrope Tendai “The Beast” Mtawarira a échangé avec Marcia Mahlalela (Ascendants Media Group) sur la nécessité d’investir dans le potentiel humain. Pour Mtawarira, le leadership ne se mesure pas au pouvoir, mais à la capacité à élever les autres et à « utiliser la technologie pour créer des opportunités réelles ».
Autre moment fort : la discussion “Connectivity Empowering Africa’s Future Why Rural Matters”, où Tumi Chamayou-Sekhukhune (MTN South Africa) et Dion Jerling (Connect Earth) ont rappelé que l’inclusion numérique passe par la connectivité rurale. Dans un continent où plus de la moitié de la population vit encore en dehors des grandes zones urbaines, la couverture réseau reste un enjeu aussi social qu’économique.
La journée s’est conclue sur une note féminine et inspirante, avec la session “Leading from the Front Women Shaping Africa’s Tech Future”. Nirvani Dhevcharran, Zandile Mposelwa et Nikita Thakrar ont défendu une vision de la technologie où les femmes ne sont plus des bénéficiaires, mais des bâtisseuses. Les panélistes ont plaidé pour une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision et un soutien accru aux start-ups dirigées par des femmes.
« Cette journée illustre la puissance d’un investissement inclusif dans les talents et la diversité », a résumé Kadi Diallo, responsable du Africa Tech Festival. « L’Afrique avance, portée par celles et ceux qui construisent un avenir numérique où personne n’est laissé de côté. »
En abordant les questions de gouvernance de l’IA, d’inclusion financière, de connectivité et de leadership, le Africa Tech Festival 2025 s’impose comme un laboratoire d’idées et un catalyseur d’action. À travers ses quatre programmes phares AfricaCom, AfricaTech, The AI Summit Cape Town et AfricaIgnite, l’événement continue d’incarner la créativité, la résilience et la vision d’un continent décidé à prendre la main sur son destin numérique.
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