La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a dénoncé mercredi une attaque jugée « parmi les plus graves » depuis la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah en novembre dernier. Selon la mission onusienne, des drones des Forces de défense israéliennes (FDI) ont largué, mardi matin, quatre grenades à proximité de Casques bleus en opération près de la Ligne bleue, la frontière de facto entre Israël et le Liban.
Les militaires onusiens, qui s’attelaient à dégager des barrages routiers entravant l’accès à une position de l’ONU proche du village de Marwahin, ont vu l’un des engins explosifs tomber à moins de 20 mètres d’eux, tandis que trois autres ont atterri à environ 100 mètres. Les drones ont ensuite été observés retournant vers le sud de la Ligne bleue.
Face au danger, les opérations de déblaiement ont été suspendues. « Toute action mettant en danger les Casques bleus et leurs biens, ainsi que toute interférence avec leurs missions, sont inacceptables et constituent une grave violation de la résolution 1701 et du droit international », a rappelé la FINUL dans son communiqué. La mission a souligné que l’armée israélienne avait été prévenue en amont de ces travaux.
Vives réactions de l’ONU
À New York, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a fait part de l’« inquiétude » d’Antonio Guterres. « Heureusement, personne n’a été blessé », a-t-il déclaré, tout en rappelant que « tout acte mettant en danger la vie des soldats de la paix est totalement inacceptable ».
« Le Secrétaire général exige que les parties assument leurs responsabilités pour garantir la sécurité des Casques bleus et l’inviolabilité des installations des Nations Unies », a-t-il insisté.
De son côté, l’armée israélienne a démenti avoir intentionnellement visé les soldats de la paix.
Un contexte de retrait progressif
Cet incident intervient dans un climat particulièrement tendu. La semaine dernière, le Conseil de sécurité de l’ONU a entériné un plan de retrait progressif de la FINUL, qui prévoit le départ ordonné de ses troupes d’ici au 31 décembre 2026. Depuis plusieurs mois, la mission est confrontée à des restrictions de circulation et à des accusations réciproques entre Israël et le Hezbollah, compliquant davantage sa tâche de maintien de la paix au Sud-Liban.
Pour la FINUL, la priorité reste claire : protéger ses soldats et rappeler aux parties leur obligation de respecter le mandat onusien et le cessez-le-feu en vigueur.
dpa
