Produire localement du poisson de qualité tout en réduisant l’empreinte environnementale, telle est la mission de l’Ivoirienne Natacha Amon, promotrice de l’entreprise agropastorale « Ebyam ». Cette startup innovante associe aquaculture responsable et valorisation des déchets organiques pour contribuer à la sécurité alimentaire et à la souveraineté protéique de la Côte d’Ivoire.
Concrètement, « Ebyam » élève des poissons exempts de métaux lourds, tout en recyclant les déchets organiques grâce à l’élevage de larves de mouche soldat noire. Ces larves se nourrissent de manière naturelle des déchets organiques, ce qui réduit considérablement la quantité de déchets à traiter et limite l’impact environnemental.
Une fois arrivées à maturité, elles sont séchées et transformées en farine riche en protéines, destinée à nourrir les poissons. Cette farine constitue une alternative durable aux intrants traditionnels comme le soja ou la farine de poisson importée, tout en maintenant une alimentation saine et équilibrée pour les poissons.
Selon Natacha, « le projet a vu le jour pour répondre à deux urgences majeures en Côte d’Ivoire, à savoir la gestion des déchets organiques et la forte dépendance aux protéines importées pour l’alimentation animale et humaine ». « Lorsque j’ai lancé Ebyam, j’ai voulu apporter des réponses à ces problématiques. L’idée était de faire des déchets une opportunité en produisant localement des protéines alternatives, pour nourrir les Ivoiriens avec un poisson de qualité, tout en créant de la valeur ajoutée, de l’emploi et en renforçant la souveraineté alimentaire », explique-t-elle.
La farine de larves commence à séduire les acteurs agricoles
Depuis son lancement en 2020, l’entreprise a consolidé ses capacités de production, structuré ses filières et renforcé sa notoriété. À en croire Natasha, ses poissons sont de plus en plus prisés par les consommateurs, tandis que la farine de larves commence à séduire les acteurs agricoles. Désormais, l’entrepreneure entend élargir sa capacité de production et développer des partenariats régionaux.
Elle mise aussi sur l’impact social en formant et en sensibilisant des jeunes et des femmes aux métiers de demain, tout en restant fidèle à ses valeurs « éthique », « innovation » et « durabilité ». « Nous sommes dans une phase de croissance contrôlée, en plaçant au cœur de ses priorités la qualité, la traçabilité et la responsabilité sociale et environnementale », souligne-t-elle.
En juillet dernier, l’Ivoirienne a remporté le deuxième prix du concours panafricain Pierre Castel 2025 en Côte d’Ivoire, qui soutient l’entrepreneuriat en Afrique. « Cette distinction est pour nous à la fois une reconnaissance et une responsabilité : continuer à avancer avec humilité et exigence », déclare-t-elle.
dpa
