L’Afrique du Sud a exprimé, vendredi 29 août, sa « profonde inquiétude » face à l’intensification des combats au Soudan, où l’armée régulière (SAF) affronte depuis plus de deux ans les Forces de soutien rapide (RSF), une puissante milice paramilitaire.
Depuis le 15 avril 2023, le conflit a plongé le pays dans une crise humanitaire majeure, marquée par des milliers de morts, la destruction d’infrastructures vitales et le déplacement massif de populations à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.
Le dernier épisode en date illustre la gravité de la situation : la ville d’El Fasher, capitale du Nord-Darfour, assiégée depuis plus de 500 jours, a été la cible de bombardements intensifs. Selon les rapports disponibles, des tirs d’artillerie ont touché des quartiers densément peuplés, dont le marché central et le secteur d’Awlad al-Reef, faisant 24 morts et 55 blessés, parmi lesquels plusieurs femmes.
Pour Pretoria, cette attaque constitue « un exemple supplémentaire des atrocités » auxquelles les civils soudanais sont exposés quotidiennement.
Dans sa déclaration, le gouvernement sud-africain a réaffirmé sa solidarité avec le peuple soudanais, en particulier les femmes et les enfants, et a exhorté les belligérants à mettre un terme aux hostilités. « Il ne peut y avoir de solution militaire au conflit », insiste Pretoria, qui plaide pour un processus politique « soudanais, inclusif et dirigé par des civils », ouvrant la voie à une transition démocratique.
L’Afrique du Sud appelle également les parties à respecter le droit international humanitaire, à protéger les populations civiles et à garantir l’accès humanitaire pour acheminer l’aide et assurer un soutien médical d’urgence, notamment à El Fasher.
Le président Cyril Ramaphosa, qui a multiplié les contacts avec les parties en conflit, encourage le retour à la table des négociations. Pretoria salue également le rôle des instances multilatérales et régionales dans la recherche d’une solution, notamment les efforts du représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, Ramtane Lamamra, ainsi que ceux de l’Union africaine (UA) et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).
« L’urgence de mettre fin à ce conflit, où les violations des droits humains se multiplient, ne saurait être davantage soulignée », conclut le communiqué, réaffirmant l’engagement de l’Afrique du Sud à œuvrer pour une paix durable au Soudan.
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