Le programme « Poisson pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique » (FISH4ACP), cofinancé par l’Union européenne (UE) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), a offert au ministère de la pêche au Sénégal trois pirogues motorisées construites à partir de fibre de verre, du matériel ostréicole et une subvention financière pour contribuer à rendre l’ostréiculture (l’élevage des huîtres) durable et inclusive.
D’un montant de 170 millions de francs CFA (plus de 300 000 dollars), la subvention ainsi que le matériel ostréicole sont destinés à des femmes ostréicultrices dans la commune de Joal-Fadiouth (ouest). D’un cout de 43 millions de FCFA (près de 77 000 dollars), les pirogues motorisées ont été livrées à l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), un établissement public. Elles devraient renforcer les capacités d’encadrement technique, de formation et d’accompagnement de la filière aquacole, a souligné le ministère de la Pêche.
Porté par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), le programme FISH4ACP est implémenté par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il travaille avec douze chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture dans douze pays membre de l’OEACP dont neuf en Afrique. Ce programme a été conçu pour améliorer la productivité et la compétitivité des chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture, tout en assurant la durabilité économique, sociale et environnementale du secteur, selon la FAO.
Au Sénégal, FISH4ACP promeut la chaine de valeur des huîtres qui consiste en la cueillette et l’ostréiculture, la transformation (surtout par bouillon et séchage) et la vente des huîtres de palétuviers. Dans ce pays, la production nationale des huîtres serait d’environ 16 000 tonnes par an, dont 15 600 tonnes provenant de la cueillette (97,5 pour cent) et 400 tonnes de l’ostréiculture (2,5 pour cent), d’après la FAO.
La demande d’huître transformée excède l’offre sur le marché national, ce qui conduit à l’importation d’importantes quantités informelles et non quantifiées formellement en provenance des pays transfrontaliers (Gambie, Guinée-Bissau, Guinée, et Sierra Leone). D’ici à 2031, le Sénégal devrait porter à 24 pour cent la part de l’ostréiculture dans la production nationale des huîtres, et de réduire de 12 pour cent la pression de la cueillette sur les gisements naturels, et ce, grâce à la transition de 1 400 cueilleuses (12 pour cent des cueilleuses) à l’ostréiculture.
FISH4ACP prête particulièrement attention aux petites et moyennes entreprises (PME), en raison de leur capacité à générer des avantages sociaux et économiques, en particulier pour les femmes et les jeunes.
dpa
