Le projet « Gestion intégrée des ressources en eau et système d’alerte précoce pour la résilience climatique dans le bassin du lac Tchad », a contracté un financement de plus de 11,6 millions de dollars auprès du Fonds pour l’adaptation, un mécanisme international qui finance des projets ou des programmes d’adaptation au changement climatique dans des pays en développement, affectés par le dérèglement climatique.
D’une durée de cinq ans, ce projet est porté par la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) en partenariat avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Partenariat mondial pour l’eau en Afrique centrale (GWP-CAF), a indiqué le Fonds pour l’adaptation.
Il vise, a-t-on ajouté, à renforcer la résilience climatique dans le bassin du lac Tchad, à promouvoir une meilleure gestion des ressources en eau dans le bassin et à réduire les impacts des risques liés au changement climatique comme les événements météorologiques extrêmes, notamment les sécheresses et les inondations. Ces événements devraient s’accentuer à l’avenir dans la région avec des impacts négatifs sur la sécurité alimentaire et hydrique, les moyens de subsistance et les migrations, a-t-on rappelé.
Déjà très vulnérable aux effets du changement climatiques, la population du bassin du lac Tchad devrait doubler au cours des 30 prochaines années, accentuant la pression sur les ressources en eau. Le projet favorisera la gestion intégrée des inondations et des sécheresses en améliorant la disponibilité des informations hydroclimatologiques grâce à des systèmes de surveillance et de données ainsi qu’à des systèmes de prévision, contribuant ainsi à la résilience climatique de la région.
La disponibilité rapide d’informations hydrométéorologiques fiables, ainsi que la capacité à analyser ces données, à planifier et à mettre en œuvre des mesures appropriées, sont essentielles pour « les alertes précoces en cas d’inondations et de sécheresses », « l’élaboration de mesures efficaces de protection et de prévention des catastrophes et du changement climatique » et « la mise en œuvre de mesures d’adaptation pour réduire les risques hydroclimatiques à moyen et long terme ».
Le lac Tchad subvient aux besoins de millions de personnes vivant au Cameroun, en République centrafricaine (RCA), au Tchad, au Niger et au Nigeria, et fournit une gamme variée de services environnementaux, a-t-on rappelé. Centre important pour l’approvisionnement en nourriture et en eau, le bassin du lac Tchad soutient le cycle des terres et des nutriments, la reconstitution des nappes phréatiques régulatrices, la séquestration du carbone et la purification de l’air.
Au cours des cinq dernières décennies, le lac Tchad a perdu 90 pour cent de son volume et de sa surface, ce qui pose de graves problèmes environnementaux, économiques et sociaux aux personnes dont la vie et les moyens de subsistance dépendent du lac, d’après la CBLT. La dégradation croissante des ressources en eau et des écosystèmes est exacerbée par l’insécurité, le terrorisme et la migration subséquente du bétail et des personnes à la recherche d’une vie meilleure.
La CBLT, créée en 1964 par les quatre pays riverains du bassin : Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad, rejoints par la République centrafricaine (1996) et la Libye (2008), a pour mission de gérer le lac Tchad et ses ressources en eau partagées, préserver les écosystèmes et promouvoir l’intégration régionale, la paix, la sécurité et le développement dans la région.
dpa
