Les ambitions régionales de la CEDEAO en matière de libre circulation des personnes et des biens se heurtent encore aux dysfonctionnements du terrain. En visite au poste-frontière conjoint de Sèmè-Kraké, le président de la Commission, Dr Omar Alieu Touray, a pu constater de visu les écarts entre les engagements politiques et la réalité vécue par les citoyens de la Communauté.
Ce corridor, l’un des plus stratégiques d’Afrique de l’Ouest, incarne à lui seul les défis de l’intégration régionale : infrastructures coûteuses mais partiellement opérationnelles, lenteurs administratives, points de contrôle redondants, manque de coordination.
Un symbole de l’intégration, mais en panne
Construit pour faciliter les échanges entre le Nigeria et le Bénin, le poste frontalier de Sèmè-Kraké est censé incarner le rêve d’une CEDEAO sans frontières. Mais pour Dr Touray, le constat est amer : « Nous avons investi énormément dans ce poste, mais certaines infrastructures ne fonctionnent pas. Cela est inacceptable. »
Scanners à l’arrêt, ponts de pesage inutilisables, coupures d’électricité fréquentes… Autant de failles qui freinent la fluidité du commerce et la mobilité des citoyens.
La voix des usagers entendue
Avant d’arriver au poste, le président de la Commission a échangé avec des transporteurs, des commerçants et des agents de sécurité. Tous ont exprimé leurs frustrations face aux multiples obstacles bureaucratiques, aux contrôles arbitraires et au manque d’information sur leurs droits en tant que citoyens de la CEDEAO.
« Nous sommes venus écouter, pas seulement évaluer », a insisté Dr Touray, affirmant que les recommandations de cette mission seront portées au plus haut niveau des instances communautaires.
Liberté de circuler, mais avec responsabilité
Le président de la Commission a aussi lancé un appel à la responsabilité : « La libre circulation ne signifie pas l’absence de règles. Les papiers d’identité valides sont essentiels. La sécurité doit aller de pair avec l’ouverture. »
Il a par ailleurs souligné que la CEDEAO poursuivra les efforts pour réduire les obstacles non tarifaires et faire du commerce un levier de croissance pour tous.
Face aux demandes des agents nigérians et béninois pour la réhabilitation des équipements essentiels, Dr Touray a promis une réponse rapide : « Nous devons être à la hauteur des attentes de nos citoyens. Ce poste a un potentiel immense, il est temps qu’il fonctionne pleinement. »
L’ambassadeur du Nigeria auprès de la CEDEAO, Musa S. Nuhu, a salué cette démarche proactive, rappelant que son pays travaille à éliminer les points de contrôle illégaux et à fluidifier la circulation le long du corridor.
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