L’administration publique guinéenne est souvent perçue comme un labyrinthe bureaucratique, inefficace et dépassé. Face à ces constats, le gouvernement a décidé de prendre le taureau par les cornes en lançant les travaux d’élaboration du Programme de réforme de l’État et de modernisation de l’administration. Cet ambitieux chantier, dévoilé dans un complexe hôtelier de la capitale, est présenté comme une réponse structurelle aux maux qui minent la gestion publique.
Un système à bout de souffle ?
Pour M. Awalou Ouédraogo, Chef de mission du projet, il est impératif de renforcer les capacités institutionnelles et d’améliorer la qualité des services publics. Derrière ces termes techniques se cache une réalité bien plus concrète : une administration qui peine à répondre aux attentes des citoyens, engluée dans des lourdeurs procédurales et une gestion peu efficiente des ressources.
Le ministre du Travail et de la Fonction publique, M. François Bourouno, ne dit pas autre chose. Selon lui, cette réforme vise à rationaliser les politiques publiques et à améliorer la performance des services administratifs. En d’autres termes, il s’agit d’apporter plus d’efficacité et de transparence dans la gestion des affaires publiques.
Une réforme essentielle dans un contexte de transition
Dans un pays en pleine mutation, le Premier ministre Amadou Oury Bah a rappelé que cette réforme est une nécessité stratégique. Selon lui, les crises structurelles récurrentes sont en grande partie dues à un manque de diagnostic sérieux des dysfonctionnements administratifs. Il insiste sur le fait que le succès de la transition repose sur des réformes profondes et pérennes permettant d’optimiser la gestion des politiques publiques.
Cette démarche s’inscrit donc dans un cadre plus large de refondation de l’État. L’enjeu est de taille : il s’agit de doter le pays d’une administration capable de soutenir son développement et d’éviter les erreurs du passé. « La réussite de la transition repose sur la mise en place de mécanismes pérennes permettant de stabiliser et d’optimiser la gestion des politiques publiques », a-t-il martelé.
Des attentes fortes, des défis conséquents
Mais cette réforme ne sera pas une simple formalité. Elle nécessitera un travail rigoureux et un engagement sans faille des experts mobilisés. Le Premier ministre a d’ailleurs exhorté ces derniers à mener les travaux avec sérieux et détermination afin d’aboutir à une administration modernisée et performante.
Toutefois, il reste à voir si cette initiative parviendra à surmonter les résistances internes et les défis organisationnels. Entre inertie administrative, manque de ressources et intérêts divergents, la mise en œuvre de cette réforme sera un véritable test pour le gouvernement. Le pari est risqué, mais il est indispensable pour espérer bâtir une gouvernance plus efficace et plus proche des citoyens.
Imedias.net
