C’est dans un contexte de refonte des stratégies de développement que le Ministre du Plan et de la Coopération Internationale, Ismael NABE, a reçu, ce mardi, M. Anthony Ohemeng, Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Guinée. Une rencontre qui s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération entre la Guinée et l’agence onusienne, alors que le pays mise sur le Programme Simandou 2040 pour accélérer son essor économique.
Aux côtés du Ministre, Alphadjo Idriss HANN, Directeur National des Organisations Internationales, et Karamo KABA, Directeur Général Adjoint de l’Observatoire National du Développement, ont également pris part aux échanges. M. Ohemeng, familier du pays, n’a pas manqué de rappeler son attachement personnel à la Guinée, un territoire qu’il considère comme son « second foyer ».
Simandou 2040 : une vision ambitieuse, une mise en œuvre incertaine
Au cœur des discussions, le Programme Simandou 2040, un vaste projet de transformation économique qui entend structurer la croissance guinéenne autour de trois axes : modernisation des infrastructures, renforcement du capital humain et diversification économique. Le gouvernement affiche des ambitions claires : 10 000 km de routes et d’autoroutes en quinze ans, des investissements massifs dans l’éducation et la santé, ainsi que l’aménagement de 10 millions d’hectares de terres arables pour dynamiser l’agriculture.
Si ces objectifs traduisent une volonté affirmée de modernisation, leur concrétisation demeure suspendue à de nombreuses incertitudes. Quels financements ? Quelle capacité d’exécution ? L’implication du PNUD, qui a déjà détaché un expert auprès de la Direction Nationale du Plan, est un atout, mais ne suffira pas à elle seule à lever les obstacles structurels qui entravent la mise en œuvre de grands projets en Guinée.
Une gouvernance à l’épreuve de l’efficacité
Lors de l’entretien, le Ministre NABE a insisté sur la nécessité d’une coordination rigoureuse entre les différents acteurs du développement. « Il est impératif d’éviter la dispersion des efforts et de garantir une exécution cohérente des projets », a-t-il martelé. Un enjeu crucial dans un pays où les initiatives de développement peinent souvent à dépasser le stade des annonces.
Le recours au cabinet KPMG pour élaborer les cadres stratégiques du programme apparaît comme une tentative de sécuriser la planification et d’optimiser la gestion des ressources. Mais là encore, les défis sont nombreux : lourdeurs administratives, instabilité institutionnelle et nécessité d’une gouvernance transparente pour éviter que les projets ne s’enlisent dans les écueils bureaucratiques.
Dans les prochains mois, les premiers jalons du Programme Simandou 2040 seront scrutés avec attention. La Guinée pourra-t-elle traduire ses ambitions en réalisations tangibles ? La coopération avec le PNUD suffira-t-elle à structurer un modèle de développement efficace ? Autant de questions qui détermineront si ce partenariat renouvelé ouvre véritablement une nouvelle page pour l’économie guinéenne, ou s’il s’agit d’un énième rendez-vous avec des promesses encore à tenir.
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