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Soudan : un 90e manifestant tué dans la répression (médecins)

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Un nouveau manifestant a été tué par les forces de sécurité jeudi au Soudan, indiquent des médecins prodémocratie, lors de défilés regroupant des milliers de personnes opposées au coup d’Etat d’octobre et à la vie chère dans leur pays, où l’inflation s’aggrave.

Il s’agit de la 90e victime en cinq mois de répression dans ce grand pays d’Afrique de l’Est, d’après la même source. Selon le Comité central des médecins soudanais, un homme de 28 ans a été fauché par des « balles en caoutchouc tirées à bout portant par les forces de sécurité dans la poitrine, le ventre et le cou ». Il manifestait à Madani, à 200 kilomètres au sud de la capitale Khartoum.

Depuis le coup de force du général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre, le Soudan, l’un des plus pauvres au monde, a perdu son aide internationale et se trouve désormais pris à la gorge par la hausse des prix des céréales, de l’électricité et du pétrole des suites de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Des manifestations sont régulièrement organisées dans la capitale pour réclamer un pouvoir civil et plus récemment, pour dénoncer l’inflation. « Non au pouvoir militaire! » et « les militaires à la caserne! », ont scandé des milliers de manifestants à Khartoum, selon un journaliste de l’AFP.

Les routes principales de Khartoum, ainsi que d’autres en banlieue, sont bloquées depuis deux jours par des blocs de pierre et des branches posés par les protestataires qui ont aussi brûlé des pneus. « La situation (économique) est devenue insupportable », a déclaré à l’AFP Imane Babiker, une manifestante qui défilait à Khartoum-Nord. « C’est la troisième fois que je manifeste depuis que les conditions économiques se sont aggravées », a-t-elle poursuivi.

Outre le coup d’Etat et l’inflation, les manifestants dénoncent la répression mais aussi la mainmise des militaires sur la politique et l’économie du Soudan, contrôlé quasiment en continu par des généraux en 66 ans d’indépendance. Le coup d’Etat avait mis fin à un fragile accord de partage du pouvoir entre les civils et les militaires après la destitution par l’armée en 2019 du président Omar el-Béchir, qui dirigeait le Soudan d’une main de fer.

Le pays n’a plus de Premier ministre depuis que Abdallah Hamdok, le visage civil de la transition, a jeté l’éponge début janvier après avoir tenté de coopérer avec les militaires. Dans une interview publiée mercredi par le journal saoudien Al-Awsat, le général Burhane a dit espérer qu’un nouveau Premier ministre sera nommé dès que les politiciens et les civils seront parvenus à un accord sur ce choix.

AFP

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