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Burundi : le président réprimande les juges, qu’il accuse de corruption

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Le président du Burundi Evariste Ndayishimiye s’est livré mardi, lors d’une réunion publique avec des magistrats, à une violente charge contre l’institution judiciaire, dont la corruption est « une honte » qui empêche notamment le développement économique du pays. 

« Partout où je vais je reçois plus de 1.000 doléances contre la justice par jour, et je les trouve fondées », a déclaré le président devant plusieurs centaines de juges et procureurs. »Les gens me disent : +Excellence M. le président, notre problème c’est la justice.

La pauvreté que nous vivons aujourd’hui, c’est à cause de la justice. Votre cause ne peut être entendue sans vendre votre chèvre, votre vache ou votre terre (pour soudoyer, ndlr) », a-t-il raconté. »D’autres me disent que ce sont les juges qui sont à l’origine des tueries dans le pays (…) car les gens se rendent justice (…) Les gens sont désespérés », a ajouté le président, qui a fait de la lutte contre la corruption une priorité depuis sa prise de fonctions en juin 2020.

« C’est une honte ce qui se passe dans ce pays », a-t-il lancé. Pays parmi les plus pauvres du monde, le Burundi a été classé parmi les dix plus corrompus par Amnesty International. L’ONG Transparency International le place en 165e position sur 180 pays. Cette corruption décourage tout investissement, affirme Evariste Ndayishimiye.

« Les investisseurs étrangers ne viennent plus au Burundi. Vous trouvez des stratagèmes pour les dépouiller de leur argent. Ils n’ont nulle part où se plaindre. Vous vous mettez en bande pour les escroquer et en même temps vous dites que vous voulez le développement pour notre pays », a-t-il lancé.

« Même le Burundais a peur d’entreprendre car il se dit +je renonce car je sais que mon projet va être détourné et personne ne va me rendre justice+ », a-t-il poursuivi. « Aucun développement n’est possible dans un pays où il n’y a pas de justice. Il ne peut pas y avoir de paix », a-t-il ajouté.

Le président du tribunal de Rumonge (sud-est) Jérôme Mbonimpa lui a répondu, au cours de cette réunion, que les magistrats étaient « prêts à changer de comportement et à (se) corriger », mais a aussi appelé le président burundais à mettre fin aux interférences de responsables politiques dans la justice.

« Le justiciable est très rusé car lorsqu’il voit qu’il va perdre son procès, il s’en remet au chef du parti (au pouvoir) dans la province, il s’appuie sur un général quelconque de l’armée ou de la police. C’est ça notre problème », a expliqué le magistrat.

Ces derniers mois, au moins trois directeurs généraux, dont celui de la programmation du Budget, ainsi que les 119 comptables communaux du pays ont été limogés pour des malversations présumées. La ministre du Commerce a également été limogée en mai, officiellement parce qu’elle « risque de compromettre l’économie du pays et de ternir l’image du Burundi ».

AFP

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