L’Institut der deutschen Wirtschaft (IW), un groupe de réflexion basé à Cologne, a appelé l’Union européenne (UE) et l’Allemagne à développer davantage leurs relations commerciales avec l’Afrique, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. Selon l’IW, souvent considéré comme proche du patronat allemand, l’UE, bien qu’elle soit déjà le principal partenaire commercial de l’Afrique, entretient des échanges de marchandises encore relativement faibles avec un continent de 1,3 milliard d’habitants, riche en ressources naturelles, en particulier en matières premières critiques.
Dans une note qu’il vient de publier, l’Institut souligne qu’un approfondissement des échanges économiques avec l’Afrique, soutenant la création de valeur locale, pourrait générer des effets de prospérité positifs pour les deux parties. En 2015, l’UE a exporté pour environ 144 milliards d’euros de marchandises vers l’Afrique, un montant porté à près de 166 milliards d’euros en 2024, soit une hausse d’environ 15 pour cent. Sur la même période, les exportations allemandes vers l’Afrique n’ont progressé que de 10 pour cent pour atteindre 26 milliards d’euros.
Les importations allemandes en provenance d’Afrique ont récemment augmenté
Les importations allemandes en provenance d’Afrique ont progressé, passant d’environ 18 milliards d’euros en 2015 à 32 milliards en 2024. À l’échelle européenne, la hausse est plus marquée : les importations de l’UE ont bondi d’environ 60 pour cent sur la période, pour atteindre 190 milliards d’euros. La relative faiblesse des échanges entre les deux parties s’explique, d’après l’IW, par un pouvoir d’achat limité en Afrique. En outre, la note déplore que le continent exporte ses ressources sans les transformer, délocalisant ainsi la création de valeur ajoutée et limitant son décollage économique et industriel.
Le principal partenaire commercial pour l’Allemagne est l’Afrique du Sud : en 2024, ce pays représentait près de 35 pour cent de toutes les exportations allemandes vers le continent africain et près de 40 pour cent des importations allemandes en provenance de celui-ci. En ce qui concerne les stocks d’investissements directs en Afrique, qui reflètent mieux l’engagement à long terme des investisseurs étrangers, l’UE occupait la première place en 2023, avant la Chine. La participation des investisseurs allemands reste toutefois modeste.
dpa
