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Sénégal: les avocats de Sonko déclinent la joute médiatique avec son accusatrice

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La défense de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko a dit jeudi se concentrer sur la procédure judiciaire en cours contre leur client plutôt que de répondre publiquement à l’intervention devant les télévisions de celle qui l’accuse de viols. 

La plainte déposée début février par une masseuse contre le principal opposant au président Macky Sall ainsi que ses retombées agitent et passionnent le Sénégal. L’arrestation de M. Sonko a déclenché début mars les pires troubles qu’ait connus depuis longtemps ce pays réputé pour être un rare îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest.

La chronique de cette affaire, entre politique, justice et fait divers, a connu un nouveau rebondissement mercredi soir quand la plaignante s’est longuement exprimée devant un certain nombre de télévisions et de médias locaux pour livrer sa version parfois confuse mais circonstanciée des faits.

Les déclarations d’Adji Sarr, âgée d’une vingtaine d’années, ont fait la une de la plupart des journaux jeudi, et électrisé les réseaux sociaux. Restée silencieuse jusqu’alors, elle a maintenu que le député l’avait violée à plusieurs reprises dans le salon de beauté de Dakar où il venait se faire masser, et l’avait menacée de mort si elle parlait.

Elle a dit qu’elle était enceinte de ses oeuvres.Elle a démenti que sa plainte soit une manipulation de la part du camp présidentiel, comme le proclame le parlementaire de l’opposition. Elle a exprimé sa volonté de voir justice rendue le plus vite possible, et a mis au défi M. Sonko de « jurer sur le Coran » qu’il n’avait jamais eu de rapport sexuel avec elle.

M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, dément catégoriquement ces accusations. Il dénonce un « complot » ourdi par le président lui-même pour l’écarter de la présidentielle de 2024 dont il s’annonce comme l’un des principaux concurrents.

M. Sonko, 46 ans, a été inculpé le 8 mars pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire, après cinq jours de garde à vue. Les conditions de son contrôle judiciaire lui interdisent de s’exprimer sur l’affaire. L’un de ses avocats a décliné toute réaction aux propos de Mme Sarr.

« Nous n’avons aucune commentaire à faire sur ça, nous préférons suivre la procédure au plan judiciaire et ne pas nous épancher dans les médias ou sur les réseaux sociaux », a dit Me Bamba Cissé à l’AFP.

Sollicité par l’AFP, le parti de M. Sonko, le Pastef, a également décliné tout commentaire, via un porte-parole.

AFP

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