À l’issue d’un processus de concertation nationale appuyé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Liberia a officiellement réaffirmé son engagement à mettre en œuvre les amendements 2024 du Règlement sanitaire international (RSI, 2005). Une déclaration nationale de commitment a été signée à Monrovia, marquant une étape décisive dans la consolidation de la sécurité sanitaire du pays.
Cette annonce fait suite à un atelier technique national de trois jours, organisé du 15 au 17 décembre 2025, qui a réuni près de 80 experts multisectoriels issus des institutions publiques, d’organisations partenaires, du monde académique et de la société civile. Les participants ont examiné les nouvelles dispositions du RSI et défini les modalités de leur intégration dans le cadre juridique et institutionnel libérien.
Une gouvernance sanitaire renforcée
La phase politique du processus s’est tenue le 18 décembre 2025, avec la présentation d’une feuille de route nationale de mise en œuvre, détaillant les mécanismes institutionnels et les priorités opérationnelles. Le document a été validé par plusieurs membres du gouvernement et formellement signé par le vice-président de la République, Jeremiah Kpan Koung, qui préside également le comité de pilotage de l’approche One Health.
Dans son intervention, le vice-président a rappelé que les crises sanitaires contemporaines dépassent largement les frontières nationales. « La préparation, la coordination et un leadership fort sont essentiels pour protéger les populations et soutenir le développement », a-t-il déclaré, soulignant que l’engagement du Liberia dans le RSI révisé traduit une appropriation nationale des enjeux de sécurité sanitaire, nourrie par l’expérience des épidémies passées et récentes.
Clarté institutionnelle et approche One Health
La déclaration entérine la désignation du ministère de la Santé comme autorité nationale RSI, tandis que le National Public Health Institute of Liberia (NPHIL) devient le point focal national. Cette clarification vise à améliorer la redevabilité, à accélérer la prise de décision et à renforcer la coordination entre secteurs, dans l’esprit de l’approche One Health, qui relie santé humaine, animale et environnementale.
Les autorités libériennes ont également insisté sur la nécessité d’investir durablement dans la surveillance épidémiologique, les réseaux de laboratoires, la formation du personnel de santé et le financement domestique, afin de rendre le système plus résilient face aux menaces émergentes.
Un signal fort à la communauté internationale
En choisissant de ne pas se retirer des amendements 2024, le Liberia réaffirme son attachement aux principes de solidarité internationale, de transparence et de responsabilité partagée, tout en veillant à ce que leur application respecte les processus constitutionnels et les priorités nationales.
L’OMS, tout comme les Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), a salué cette décision, soulignant qu’elle s’inscrit dans une dynamique régionale visant à renforcer les capacités africaines de prévention, de détection et de riposte aux urgences sanitaires.
Une opportunité stratégique pour le pays
Révisé en 2024, le RSI constitue un cadre juridique mondial contraignant, engageant 196 États, destiné à améliorer la gestion des risques sanitaires transfrontaliers tout en limitant les perturbations inutiles du commerce et des déplacements internationaux. Pour le Liberia, sa domestication représente une opportunité stratégique de moderniser ses systèmes d’alerte et d’intervention, et d’accélérer la mise en œuvre de son Plan d’action national pour la sécurité sanitaire.
À travers cet engagement, Monrovia envoie un signal clair : face aux crises sanitaires globales, la réponse passe par des institutions solides, une coordination inclusive et une volonté politique affirmée.
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