Bien au delà d’une simple prestation artistique, la participation de la Guinée à la 17e édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) a pris des allures de mission diplomatique culturelle. En tant que pays invité d’honneur, la Guinée a saisi l’opportunité de réaffirmer son identité culturelle, tout en posant les bases d’une nouvelle coopération sous-régionale portée par l’art.
À l’Institut Français d’Abidjan, la soirée culturelle guinéenne s’est imposée comme un moment fort du festival, entre rythmes traditionnels, fusions contemporaines et message politique assumé : celui d’une Guinée qui se reconstruit, et qui choisit la culture comme moteur de transformation.
Sur les ondes de RFI, dans l’émission Couleurs Tropicales animée par Claudy Siar, le ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, n’a pas caché ses ambitions. Entouré du commissaire général du FEMUA, Asalfo, et de l’artiste Takana Zion, le ministre a porté haut la vision d’un pays en pleine refondation, avec une volonté claire : faire de la Guinée un pôle culturel incontournable en Afrique de l’Ouest.
Notre identité culturelle est une richesse stratégique. Elle doit rayonner bien au-delà de nos frontières et nourrir les échanges entre nos peuples.
Un discours appuyé par des références fortes : Bembeya Jazz, les Ballets Africains, mais aussi la scène urbaine contemporaine, que le FEMUA célèbre. Un équilibre entre héritage et modernité, que la Guinée entend incarner pour séduire, convaincre, et fédérer.
La présence guinéenne au FEMUA s’inscrit dans un cadre plus large : celui d’une coopération renouvelée entre la Guinée et ses voisins. Moussa Moïse Sylla a plaidé pour la révision des accords culturels existants, souvent symboliques, afin de leur donner une dimension opérationnelle. Échanges entre artistes, coproductions, circuits de diffusion régionaux : les projets évoqués visent à fluidifier les collaborations culturelles en Afrique de l’Ouest.
La culture est un langage commun. Elle doit nous rapprocher, créer des ponts entre les peuples.
Le ministre a aussi annoncé l’organisation future de grands événements culturels en Guinée, pensés comme des vitrines régionales et internationales. Un signal fort pour positionner le pays non seulement comme une terre de création, mais aussi comme une destination artistique à part entière.
Le message porté à Abidjan est clair : la Guinée avance, et elle veut que cela s’entende. Sous l’impulsion du président Mamadi Doumbouya, la culture est désormais un levier assumé de rayonnement et de développement. Une manière de reconfigurer les alliances régionales, d’améliorer l’image du pays, et de mobiliser sa jeunesse autour de valeurs de création et de fierté identitaire.
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